VINGT-QUATRIÈME LEÇON
FIÈVRE iSYPUILITlOUE.
Sommaire. — Préjugés accrédités au sujet de la fièvre syphilitique. — Une double erreur à combattre.
I. La syphilis est une occasion fréquente d'accidents fébriles. — Statistique de Lourcine : un cas de fièvre syphilitique sur trois malades environ. — Objections. — Prétendues coïncidences. — Est-il possible de rattacher ;\ des complications accidentelles et étrangères les accidents fébriles qui se produisent chez les sujets syphilitiques?
— Une double raison explique les résultats de la statistique précédente : 1° la fièvre syphilitique est incomparablement plus fréquente chez, la femme mxc chez l'homme;
— 2° elle appartient presque exclusivement à la période secondaire de la diathèse.
II. La fièvre syphilitique est loin d'être toujours symptomatique, comme on le croit généralement. Bien plus souvent au contraire elle se produit sans intermédiaires et dérive directement d'une influence diathési(iue.
Deux modes différents d'accidents fébriles d'origine syphilitique :
1° Fièvre symptomatique. — Peu fréquente. — Quels accidents la déterminent de préférence. — Fièvre de poussées diathésiques, fièvre d'éruption, etc. — Cette forme n'a rien de spécial comme caractères ni comme évolution. — Type continu. — Durée habituellement courte. — Spécimen d'une fièvre d'éruption.
2° Fièvre essentielle. — Bien plus commune. — Très fréquente, surtout chez la femme. — Très fréquente dans les syphilis non traitées; bien plus rare dans les syphilis où le traitement est intervenu de bonne heure.
Caractéristique. — Variétés nombreuses. — Trois types essentiels à distinguer :
I. Type inlermiltent. — Le plus commun. — Dans sa forme parfaite, l'accès intermittent syphilitique reproduit assez bien l'accès palustre. — Le plus habituefiemeiit il en diffère en ce qu'il est : 1° moins complet; — 2° moins régulier, moins méthodique comme évolution ; — 3° bien plus varié comme symptômes, comme physionomie générale. — En général il se réduit à un stade, celui de chaleur, où le froid et les sueurs ne figurent que comme éléments subordonnés. — Trois autres caractères différencient encore l'accès syphilitique de l'accès palustre : 1° Accès quotidien ou atypique; — 2° accès vespérin ou nocturne; — 3° rate non tuméfiée. —La forme intermittente de la fièvre syphilitique est celle qui se dissipe le plus facilement, soit
abandonnée à elle-même, soit soumise au traitement antisyphililique. Récidives
fréquentes. — Traitement. — Impuissance du sulfate de quinine; action spécifique du mercure. — Diagnostic difTérentiel de l'accès syphilitique et de l'accès palustre.
II. Type continu. — Moins fréquent. — Deux variétés : type continu simple, type
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coiUiiui cxaccibaiil ou paroxystique. — Symptômes. — Ce que la fièvre continue sypiiilitiquc. oITrc de plus remarquable est relatif à sa durée. — Durée tantôt courte, tantôt inovcnne, tantôt longue, quelquefois excessive (4 à 7 ou même 8 septénaires;.
— Singulaiiti de ce fait, qui range la syphilis au nombre des affections le plus activement pyrétiqucs. — Quatre exemples.
111. Type vague, iirégulier. — Assez commun. — Variétés nombreuses. — Exemples cliniques.
Symptômes. — La fièvre syphilitique n'a pas de symptômes propres. — Elle est constituée par les phénomènes communs de tout état fébrile. — Accélération du pouls. — Élévation de la température. — Malaise général. — Troubles sympathiques.
— Quel degré attiegncnt en l'espèce ces divers phénomènes? — La fièvre syphilitique est habilucllement modérée. — En certains cas, cependant, élévation plus ou moins considérable de la température et du pouls. — Malaise général parfois léger, contrastant avec l'intensité de la réaction. — Troubles sympathiques très variables d'intensité. — Assez souvent, troubles gastriques médiocres ou nuls; langue non saburrale, appétit conservé. — Coïncidence possible d'un appétit excessif, d'une véritable boulimie. — Explication de ce dernier fait, qui ne reste pas moins un phénomène des plus bizarres.
Association fréquente de la fièvre syphilitique avec divers accidents de la période secondaire. — De là des formes symptomatologiques très variées, insidieuses pour la pratique. — Exemples. — La fièvre syphilitique associée au pseudo-rhumatisme secondaire simule à s'y méprendre une fièvre rhumatismale.
Typhose secondaire. — Caractéristique. — La typhose secondaire n'est que la fièvre continue syphilitique compliquée de phénomènes d'asthénie. — Comment elle se l'approche de la fièvre typhoïde par quelques traits de l'habitus extérieur. — Pronostic spécial de cette forme.
Diagnostic. — 1° Diagnostic d'exclusion, ou revue de toutes les causes d'incitation fébrile étrangères à la syphilis; — 2° Diagnostic direct de la fièvre syphilitique.
Trois affections risquent surtout d'être confondues avec la fièvre continue syphilitique : 1° Synoque. C'est l'affection qui s'en rapproche le plus. — 2» Fièvre typhoïde. — 3° lîluimatisme sub-aigu. — Le diagnostic de la fièvre syphilitique esi toujours délicat et souvent difficile.
Pronostic très inégal suivant les formes et la durée. — Anémie et langueui consécutives à certaines formes. — Pronostic indirect au point de vue de a diathèsc.
Traitement.
Messieurs,
Rien n'csl lonaco, ilil-oii, cuiiiiiic iiiic ciioui'. Ur, < n'es! pas iino ciTCur sciilcmciil, ce sont deux erreurs qu'il me faut ail aqiier dans noire réunion de ce jour. Je ne me dissimule donc ni les dilficullôs auxquelles Je vais me heurter, ni les objections cl les fins