PRONOSTIC — TRAITEMENT
subaigii ou bien à une fièvre syphilitique compliquant des arthropalhies secondaires.
II. — La fièvre syphilitique qui se borne à quelques poussées fébriles est un phénomène sans importance. Il n'en est plus de même alors qu'elle se prolonge un certain temps, surtout sous la forme continue. Elle a pour conséquence en effet, dans ces conditions, de réagir sur l'organisme et de produire des troubles nutritifs plus ou moins sérieux, proportionnels à la durée qu'elle affecte. De là résulte parfois un état d'anémie, de langueur, d'atonie générale, dont il est souvent difficile de relever les malades. J'ai vu nombre de femmes de mon service, à la suite d'accès fébriles quelque peu prolongés, rester pendant plusieurs semaines pâles, affaiblies, excitables et souffreteuses, comme si elles avaient été affectées d'une hémorrhagie grave ou d'une grande maladie.
J'ajouterai que la fièvre syphilitique, dans ses formes intenses et rebelles, comporte un pronostic indirect qui n'est pas sans gravité. Généralement elle se relie à ces syphilis de mauvaise nature qui tendent à prendre d'emblée la forme splanchnique et à compromettre la santé générale d'une façon plus ou moins sérieuse. C'est donc un indice fâcheux qui doit à double titre éveiller l'attention du médecin.
III. — L'unique traitement qu'il convient d'opposer aux accidents fébriles de la syphiHs consiste dans l'administration du mercure, soit seul, soit associé à l'iodure de potassium. Je n'ai jamais éprouvé que des mécomptes lorsque j'ai voulu me départir de cette voie, pour essayer d'autres agents fébrifuges (sulfate de quinine, poudre de quinquina, arsenic, etc.).
Seulement il faut savoir que, puissamment et rapidement actif contre les formes intermittentes de la fièvre syphilitique, le mercure n'exerce qu'une influence moins énergique et plus lente sur les formes continues de cette fièvre. Pourquoi? Je ne saurais le dire, mais le fait est constant, et il importe de le connaître pour la pratique. De là cette conséquence : lorsqu'on se propose de combattre une fièvre syphilitique de type continu, il est indispensable, pour obtenir du mercure un effet curatif, de surélever les doses
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du remède, de le donner, par exemple, à dose double ou triple de celle qui suffit usuellement à modifier les accidents de lu maladie.
On serait lente de croire à priori que le mercure, administré en plein état fébrile, doit être intoléré. Cette prévision rationnelle ne se réalise que dans un petit nombre de cas. En général, le traitement spécifique est assez bien accepté par l'estomac des malades affectés de fièvre syphilitique. Lorsque cependant ilparaît augmenter les troubles gastriques, l'indication formelle est de renoncer aux médications internes. La méthode des frictions fournit alors un très efficace recours.
XXV"'^ ET XXVr LEÇONS
SYPHILIS VISCÉRALE SECOi\D.4IRE.
SOMMArRE. — I. Système respiratoibe. — C'est le plus épargné parla diathèse, clans le cours de la période secondaire. — Un seul trouble : dyspnée. — Causes variables de cette dyspnée. — Le plus habituellenaent, c'est un phénomène sine inateriâ, d'ordre nerveux.
II. Système circulatoire. —Troubles assez nombreux, déjà signales pour la plupart dans ce qui précède. — Palpitations secondaires. — Souvent elles résultent de l'anémie; en d'autres cas, elles se produisent sans l'intermédiaire de l'anémie, sous l'influence directe de la diathèse. — Indications fournies par le sphygmo^raphe sur l'état de la circulation dans la syphilis secondaire. — Irrégularités assez fréquentes du pouls radial. — Ces irrégularités s'observent parfois en dehors de tout trouble perçu par le malade. — Spécimens sphygmographiques démontrant l'action évidente de la syphilis secondaire sur le cœur.
III. Système digestif. — Bien plus fréquemment affecté chez la femme que chez l'homme. — Troubles multiples et variés, très inégaux d'ailleurs d'un sujet à un autre.
1° Diminution et alanguissement de l'appétit. — Symptôme très commun.
2° Abolition, extinction véritable de l'appétit. — Phénomène bien plus rare, rappelant l'anorexie singulière de certaines névroses. — Exemple. — Difficultés de pratique résultant parfois de ces troubles digestifs.
3° Exagération morbide de l'appétit ; ftou/imte secondaire. — Phénomènes peu communs, sans être absolument rares, et ne s'observant guère que chez la femme, dans le cours de syphilis secondaires à forme nerveuse. — Symptômes. — Degrés variables de cet appétit morbide. — Appétit famélique de certaines malades. — Exemples. — Polydipsie. — Troubles symptomatiques de l'estomac et de l'intestin : <ly5pepsie, vomissements, coliques, et surtout diarrhée. — Diarrhée particulièrement opiniâtre et rebelle. — Troubles de nutrition consécutifs. — Coexistence possible de la boulimie avec des accidents spécifiques de fièvre et d'adynamie. — Interprétation de cette combinaison bizarre dephénomènes opposés comme nature. — L'exagération de l'appétit n'est ici qu'un symptôme essentiellement pathologique. — Durée variable. — Récidives possibles. — Coïncidence habituelle de ces récidives avec des poussées successives de la diathèse. — Pronostic. — Traitement. — La boulimie est de l'ordre des manifestations qui ne sont inlluencées par le traitement spécifique qu'à doses surélevées. — Pathogénie. — Raisons multiples démontrant la connexion de ce curieux symptôme avec la sypliilis.
4" Troubles gastriques. — Phénomènes de dyspepsie et de gastralgie, assez com-