SYPHILIS VISCÉUALE SECONDAIRE
acliiellement passer sous vos yeux quelques-uns des nombreux tracés sphygmographiques de ma collection. Veuillez remarquer avant tout, Messieurs, que ces tracés ont été tous recueillis sur des femmes jeunes, en bonne santé, ne présentant aucune lésion cardiaque ou vasculaire. Notez aussi que les modifications pathologiques du pouls dont témoignent ces tracés ont toujours élé;)a.ssagères, qu'elles n'ont jamais duré qu'un certain laps de temps, après lequel la circulation, momentanément troublée, a repris son type normal.
D'après ces quelques spécimens vous verrez que les irrégularités du pouls, dans la période secondaire, sont assez variées.
Tantôt elles portent sur la durée relative des pulsations, c'est-àdire sur le rythme. Ainsi les figures 21, 22, 23 et 24 sont des exemples de pouls à pulsations inégales, les unes longues el les autres courtes.
Fk;. -21.
FiG. 22.
FiG. 2^
FiG. 24.
Ici, d'ailleurs, variétés nombreuses. Ces pulsations d'inégale durée peuvent ou bien alterner par séries (exemple : fig. 21, où une série de pulsations longues suit une série de pulsations courtes), ou bien se succéder dans un ordre particulier (exemple : fig. 22, où une pulsation longue est suivie de trois pulsations courtes), ou bien enfin n'observer entre elles aucune méthode.
Tantôt les modifications du pouls présentent surtout, comme phénomène remarquable, V inégalité d'amplitude des pulsations. Certaines pulsations très amples contrastent avec d'autres plus pe-
FiG. 525.
FiG. !26.
SV1>UIL[S VISCÉRALE SECO> D A 1 1! li.
l'iG. 28.
tites. Le sphygmographe traduit ces différences d'une façon très nette. Ainsi, dans les figures 25, 26, 27 et 28, on voit la ligne d'ascension offrir des inégalités marquées d'une pulsation à une autre.
D'autres fois, l'irrégularité se traduit par ce qu'on appelle une systole avortée, comme dans les figures 29 et 30.
FiG. 30.
Ailleurs encore, ce qui est particulièrement remarquable, c'est
FiG. 31.
VamplUude extraordinaire des piilsalions, coïncidant ou non avec des iiTégularités d'un autre ordre (exemples : lig. 27 et 31).
Enfin, en certains cas (et j'abrège), plusieurs ordres d'irrégularités s'observent réunis, comme dans les figures suivantes :
riG. 30.
Ces diverses altérations du pouls, je suis bien loin, Messieurs, de prétendre vous les donner comme spécifiques, c'est-à-dire comme appartenant en propre à lasyphilis. En effet, elles ne diffèrent par aucun caractère particulier de celles qu'on observe dans une foule d'autres maladies, notamment dans les névroses, dans les troubles généraux de Torganisme, dans les états cachectiques, etc. ^ Elles sont ici ce qu'elles sont ailleurs, et réciproquement. Elles rentrent donc dans la catégorie des symptômes communs de la syphilis, communs en ce sens qu'ils peuvent être produits par des causes très diverses et dériver d'influences non spécifiques aussi bien que de l'influence propre de la diathèse.
Je n'ai pas à insister, je pense, pour démontrer que ces troubles du pouls ne se rattachent en rien à des lésions cardiaques. Ils sont bien évidemment d'ordre dynamique. Certainement aussi ils traduisent une action du système nerveux sur le cœur; ce sont, en un mot, des troubles nerveux du cœur. Ce qui le démontre, c'est tout un ensemble de raisons des plus probantes : la durée passagère de ces troubles, leurs récidives possibles, leur disparition sans incidents organiques ultérieurs, leur fréquence bien plus grande chez la femme que chez fhomme, leur coexistence habituelle avec d'autres manifestations lierveuses, etc.
Le sîjslème digestif csl sujet à des troubles nombreux dans la période secondaire.
Constatons avant tout que ces troubles sont bien plus fréquents
1. Consultez à ce sujet le beau livre de Lorain ayant pour litre : Études de médecine clinique, le Pouls. Paris, 1870.
Dans un. Irès inti-ressaul travail (|uc viennent «le publier les Archives générales de médecine, ilcccu.brc 1872, M. le professeur La.>èjînc a .lémonlrc ce fait, que les intermittences cardiaques se rencontrent comme phénomène habituel dans une série dï-lnl* morbides très divers ayant tous pour aboutissant commun un trouble grave de In santé, notamment dans les cachexies de tout genre, cachexies passagères et curables, ou bien cachexies persistantes et ultimes. Or, à plus d'un litre, la syphilis rentre dans