‹ Leçons cliniques sur la syphilisChapitre 220 sur 263 · ICTÈRE · texte numérisé non relu

ICTÈRE

le moins spécifique, à la jaunisse la plus vulgaire. Il He comporte en effet d'autres phénomènes que les suivants :

Colorationjaune de la peau, plus ou moins intense, moyenne en général, quelquefois assez légère et même plutôt jaunâtre que jaune, de couleur paille ; — coloration ictérique des urines, lesquelles présentent les caractères physiques et chimiques des urines bilieuses; — selles variables, rares le plus souvent, quelquefois décolorées; — apyrexie habituelle; en certains cas toutefois léger mouvement fébrile, surtout au début; — état de malaise plus ou moins accentué, lassitude, courbature, céphalalgie; — troubles gastriques : appétit diminué; langue un peu jaunâtre; bouche amère ; nausées et parfois même vomituritions ; — foie normal et indolent dans la plupart des cas, quelquefois cependant légèrement augmenté de volume et sensible à la pression.

Du reste, variétés nombreuses dans l'intensité de ces divers symptômes. Ainsi, j'ai vu parfois l'ictère secondaire s'atténuer comme phénomènes au point de ne plus consister qu'en une coloration jaunâtre de la peau et des urines sans autres accidents morbides, sans troubles réels de la santé générale. Ailleurs, au contraire, mais cela est tout à fait exceptionnel, il s'accompagne d'un état fébrile plus ou moins intense, de désordres gastriques très accentués, d'une prostration véritable des forces, voire de phéno' mènes presque adynamiques.

Comme évolution et comme durée, cet ictère — quoi qu'on en ait dit — n'offre rien de spécial. Le plus habituellement il se dissipe en douze à quinze jours. Sur quelques malades, il persiste trois ou quatre septénaires. Ce n'est qu'en de raresexceplions qu'il excède ce dernier terme.

Au total, c'est un accident sans gravité. Toujours il se termine heureusement. Les troubles digestifs s'apaisent les premiers ; la coloration ictérique survit quelque temps, puis s'elîacc, et tout est dit.

Je n'ai jamais observé, pour ma pari, qu'un seul cas d"iclère secondaire (diagnostiqué tel du moins) qui ait abouti à des symptômes graves d'adynamie et se soit terminé par la mort. L'autopsie n'ayant pas été faite, ce cas ne saurait avoir de signiiicalion récise. Gardons-le cependant en souvenir, Messieurs, car s'il

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