‹ Leçons cliniques sur la syphilisChapitre 226 sur 263 · ACCOUCHEMENT PR ÉMAÏURÉ; — AVO UT EMENT · texte numérisé non relu

ACCOUCHEMENT PR ÉMAÏURÉ; — AVO UT EMENT

une grossesse pénible, accidentée, laborieuse, douloureuse, féconde en troubles locaux ou généraux, troubles complexes comme pathosénie, dérivant les uns de la grossesse même, les autres de la diathèse, la plupart de ces deux causes réunies, combinées.

Aussi n'est-ilpas rare, — je me trompe, — aussi est-il fréquent, très fréquent que, tourmentée de la sorte, la grossesse ne se continue pas, n'arrive pas à son terme, c'est-à-dire aboutisse soit à V accouchement prématuré, soit surtout à Vavorlement. Cette terminaison est des plus communes chez les femmes syphilitiques, et de cela il faut que je vous parle en détail.

C'est un fait connu de longue date, c'est un fait de notoriété presque vulgaire que nombre de grossesses se terminent par avortement sous la seule influence de la syphilis.

Ce fait cependant — le croirait-on? — a été contesté dans ces .derniers temps. On a dit même que la syphilis appartient à a l'ordre des maladies qui exercent l'influence la plus minime sur la durée et la terminaison de la grossesse ». Une telle opinion, en vérité, ne soutient pas l'examen. Elle reçoit de la pratique commune et de l'expérience générale une contradiction formelle. Je ne crains pas, quant à moi, de lui opposer un démenti absolu dans la double proposition suivante :

1° La syphilis crée une prédisposition indéniable à l'avortement; — 2° elle fournit même à la somme totale des avortements de tout genre un contingent considérable.

Quelques développements sont indispensables ici.

Que la syphilis, tout d'abord, prédispose à l'avortement, cela ne saurait rester un instant douteux devant les résultats de l'observation journalière. Il n'est guère de praticien qui n'ait vu une ou plusieurs grossesses aboutir à la fausse couche sous la seule influence de la syphilis, en dehors de toutes causes étrangères. Que de fois, pour ma part, ne m'est-il pas arrivé de donner mes soins à des femmes syphiHtiques qui n'ont pu conduire à terme leur grossesse, alors même que, par une hygiène convenable, par une médication appropriée, je m'efforçais de prévenir l'imminence redoutée d'un avortement 1 L'avortement, Messieurs, est le danger

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