PART DE L'INCONNU
d'une lésion sérieuse à une autre plus sérieuse encore, et finalement aboutir aux conséquences les plus graves. Très certainement donc, un élément inconnu préside souvent aux destinées de la vérole, pour conférer à la maladie soit une bénignité, soit une malignité particulière.
Puisqu'il en est ainsi, vous concevez de reste, Messieurs, s'il convient que nous usions de circonspection dans le jugement à porter sur le pronostic d'un cas donné de syphilis. Et, en effet, des éléments complexes qui composent cepronostic, quelques-uns seulement peuvent être appréciés par nous; d'autres, et les plus essentiels, restent inaccessibles à notre observation.
Donc, pas d'illusions, Messieurs. Devant une syphilis qui naît, nous ne savons, nous n'avons pas moyen de savoir ce qu'est cette syphilis, ni ce qu'elle sera dans l'avenir. Voilà la vérité vraie, celle dont il est bien essentiel de se pénétrer en pratique, et pour cause, celle qui résulte de l'expérience commune. Cette vérité, je crois devoir l'affirmer d'autant plus énergiquement ici qu'elle a été méconnue ou contestée dans ces derniers temps d'une façon plus que légère, et qu'elle intéresse à un haut degré, par les conséquences qui en dérivent, la sécurité des malades non moins que la dignité de l'art.
C'est en effet, comme vous le verrez bientôt. Messieurs, sur les données du pronostic qu'est basée la thérapeutique rationnelle qui doit être opposée à la vérole et dont je vous exposerai les principes dans notre prochaine réunion.