‹ Leçons cliniques sur la syphilisChapitre 250 sur 263 · DOCTRINE DE L' E X P ECTAT 1 ON · texte numérisé non relu

DOCTRINE DE L' E X P ECTAT 1 ON

dans la presse, soit dans le monde médical, je crois devoir y consacrer une partie de l'exposé qui va suivre.

Au lieu donc] de vous entretenir d'emblée du traitement applicable à la syphilis, je discuterai devant vous, au préalable, s'il y a lieu de traiter cette maladie ou de l'abandonner à sa marche naturelle; et, avant devons dire comment on administre le mercure, j'examinerai s'il y a intérêt aie prescrire, s'il y a danger à l'introduire dans l'économie.

D'après ce qu'on a dit ou écrit dans ces derniers temps, il semblerait que la syphilis fût la plus simple et la plus bénigne des maladies. A entendre certains médecins de nos jours, on pourrait croire qu'elle est appelée à guérir d'elle-même, en vertu d'une tendance propre, et qu'il suffit d'aider hygiéniquement la nature à l'élimination spontanée de son virus. L'hygiène seule, aidée ou non. de quelques toniques suivant les cas, serait toute-puissante; quant à une thérapeutique spéciale, quant à l'intervention de remèdes propres à agir directement sur la diathèse, quant à un traitement véritable de la maladie, tout cela serait ou illusoire ou superflu.

Je n'exagère rien, croyez-le. Lisez les récentes discussions soulevées à ce sujet, et vous trouverez imprimées des propositions telles que les suivantes, dont plusieurs, soit dit incidemment, sont contradictoires entre elles : « La vérole guérit seule, spontanément; — elle a, quoi qu'on fasse, une évolution fatale, une durée fatale; — les médications usuellement prescrites contre elle n'aboutissent ni à modifier, ni à atténuer ses manifestations; — c'est lui nuire même que de la traiter, car la traiter, c'est la troubler, c'est retarder son évolution naturelle, c'est l'empêcher de s' épurer spontanément; — abandonnée à sa marche normale, la vérole est bénigne, et elle n'aboutit quelquefois à des accidents graves qu'en raison des traitements perturbateurs qu'on lui a opposés; — les symptômes tertiaires ne sont pas à craindre, parce que,

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d'une part, iis sont très rares alors qu'on a le bon esprit de permettre à la diathèse de s'épuiser, de « s'épurer naturellement » par des manifestations secondaires sans gravité, et parce que, d'autre part, on possède contre eux un spécifique certain; — le prétendu modificateur par excellence de la syphilis, le mercure, est non seulement inerte, parce qu'il ne guérit ni les accidents de la maladie, ni la maladie, mais de plus il est dangereux en ce qu'il ajoute à une intoxication son intoxication propre, etc., etc.; — enfin, l'expectation, l'expectation pure et simple, aidée d'une hygiène convenable et de quelques agents toniques au besoin, constitue la méthode la plus rationnelle et la plus sûre qu'il convienne d'opposer à la syphilis primitive et secondaire, voire (un de mes collègues me le répétait encore ces derniers jours) voire à la vérole tertiaire ! »

Toutes ces propositions, au point de vue pratique, se résument on ceci : Faut-il ou ne faut-il pas traiter un malade syphilitique? Y a-t-il ou non intérêt pour lui à être traité?

Eh bien ! pour répondre au problème ainsi posé, voyons quels risques court ce malade du fait de sa maladie. On nous dit que la syphilis est une affection bénigne, qui guérit seule et à laquelle l'expectation suffit. A merveille ! Mais examinons la question en détail, allons au fond des choses, et précisons nettement la situalion faite à un malade qui vient de contracter la vérole. A quels dangers, en somme, est-il exposé? Dressons, si je puis ainsi parler, son bilan pathologique d'avenir, bilan sinon certain et inévitable, du moins éventuel et possible.

Que peut avoir ce malade ? Quels accidents est-il susceptible de présenter un jour ou l'autre? Et ces accidents sont-ils de nature à ce qu'il y ait pour lui urgence ou avantage à se traiter?

Ce qu'il peut avoir, ce sont d'abord des accidents sans gravité réelle, mais qui ne laissent pas, pour quelques-uns du moins, d'être assez désagréables (ne serait-ce que par leur caractère d'accidents visibles et compromettants), à savoir : syphilides cutanées, très variées comme formes; — syphilides muqueuses, assez gênantes; — engorgements ganglionnaires; — alopécie, onyxis,etc.

Ce sont, en second lieu, des manifcsialions déjà bien moins

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