VARIÉTÉS. — COMPLICATIONS. — TRAITEMENT
Sommaire : Loin d'être astreint à une iormc unique, le chancre est susceptible au contraire de variétés multiples.
Inconstance des divers attributs du chancre. — A part l'érosion de surface, il n'est pas un seul de ces attributs qui ne puisse faire défaut. — Plusieurs ou même la plupart peuvent manquer à l'appel. — Du chancre sans caractères. — Sous cette dernière forme, le chancre est identique avec l'érosion la plus vulgaire. — Exemples cliniques.
Variétés. — Variétés d'étendue, de proportions. — Grands chancres. — Petits chancres. — Chancres nains. — Quatre exemples de ces chancres minimes, rudimentaires.
Variétés de forme anatomique . — I. Chancre érosif; — II. Chancre exulcérevux. — Ces deux premières formes sont de beaucoup les plus communes et constituent les types habituels du chancre féminin. — III. Chancre ulcéreux. — Exemple clinique.
— Le chancre ne devient guère ulcéreux qu'aux dépens de sa projtre substance, c'est-à-dire du néoplasme qui lui sert de base et qui constitue rinduralion. — IV. Chancre papuleux. — Sa fréquence chez la femme; son identité d'aspect avec la papule secondaire.
Variétés de siège. — La condition de siège est une de celles qui influent le plus activement sur la physionomie du ciiancre. — Exemple. — Du chancre de la peau.
— Cliancrc ecthymateux ou mieux chancre croûleux. — Sièjîc habituel de ce chancre. — Physionomie. — Pourquoi ce chancre expose à de fréquentes méprises.
Chancre du sein. — Descriptions anciennes ne donnant qu'une idée Ircs-fausse de cet accident. — Origine. — Nombre des lésions. — Siège. — Symptômes. — Début essentiellement insidieux par un bouton iusigniiiant. — Période de complet développement. — Deux formes : 1° forme ecthymateuse; S» forme de plaie à découvert. — Ces deux formes se produisent-elles indilTéicmmeut ? — Étendue. — Configuration. — Aspect général. — Induration. — Le sein est une des régions où rindiuatinii spécini|ue se formule le mieux. — jMaculc consécutive. — Absence hahiluclle de cicatrice persistante. — Survie de l'induration. — Intérêt diagnostique et praliquc qui se rattache à cette survie de l'induration, indice posihumc du chancre mammaire.
Ciiancrcs génitaux. — Variétés de siège. — Ciiancres des portions cutanées de la vulve; — des grandes lèvres; — des petites lèvres; — du clitoris; — du méat urinaire.
DU CHANCRK.
Chancres du col utérin. — Fréquence réelle de celle lésion. — Siège. — Nombre.
Étendue. Aspect. — Couleur. — Bords. — Sécrélion. — Indolence absolue.
p.^,. l'ensemble de ses caractères, celle lésion est merveilleusement faite pour
passer inaperçue. État de la base — Le loucher du col ne fournit eu général
que des résultats négatifs au point de vue de l'induration. — En certains cas cependant il permet de constater soit un certain degré d'hypertrophie du col avec dureté morbide, soit des indurations partielles, circonscrites. — Cas de M. Ricord, observé sur une femme affectée de prolapsus utérin. — Le cliancre du col n'est guère remarquable en somme que par son état habituel de lésion papuleuse et par sa teinte d'un gris lardacé. — Particularité curieuse relative à l'évolution de ce chancre. Même abandonné à sa marche naturelle, en dehors de toute intervention thérapeutique, le chancre du col se modifie, se répare et se cicatrise avec une rapidité souvent extraordinaire — Modifié, ce n'est plus qu'une plaie simple, vulgaire d'aspect, aussi inoffensive que possible en apparence. — Erreurs auxquelles expose le chancre sous cette dernière forme. — Conséquences pratiques; conséquences doctrinales. — Période ultime. — Cicatrisation et absence de stigmate ultérieur. — Disposé à guérir spontanément, le chancre du col ne réclame qu'une thérapeutique des plus simples.
Chancres de Yanus. — Division : 1° Chancre péri-anal. — Deux formes : forme étalée; forme fissuraire. — Comment le chancre, sous cette dernière forme, peut se dérober à l'examen et risque de passer inaperçu. — 2° Chancre intra-anal. — Siège. Aspect. — État de la base. — Conditions matérielles s'opposant à ce que l'induration puisse être perçue sur ce point. — Cas spéciaux dans lesquels l'induration peut devenir appréciable. — Du chancre dit en feuillet de livre. Complications. — Le chancre syphilitique, qui n'a que peu de complications chez l'homme, en a moins encore chez la femme. — Origine éventuelle et nature simplement inflammatoire de ces complications. — Du chancre enflamme. — Accidents périphériques. — Vulvite partielle. — (Edèmc. — Induration sdéreuse. — Phagédénisme. — Le phagédénisme n'est le plus souvent qu'une menace, qu'une imminence morbide, sans devenir un accident réel. Traitement. — Question du traitement dit abortif. — En détruisant le chancre naissant prévient-on par cela seul l'infection constitutionnelle? — Opinions anciennes. — Opinion de M. Ricord. — Discussion. — Une analogie défectueuse. — Le chancre est-il à la vérole ce que la morsure du chien enragé est à la rage ? — Faits cliniques. — Que penser des prétendus chancres syphilitiques cautérisés dans les quatre premiers jours de la contagion? — Est-il possible d'établir le diagnostic du chancre syphilitique dans les quatre premiers jours de la lésion? — Résultats fournis par la cautérisation alors qu'on cautérise de véritables chancres. — Conclusion : le chancre n'est que le premier phénomène de la vérole confirmée, et l'on n'anéantit pas la vérole en détruisant le chancre.
De la cautérisation destructive comme méthode thérapeutique du chancre. — Inutilité et désavantages de cette méthode.
Traitement usuel. — Axiome expérimental : moins on fait au chancre, mieux il s'en trouve et mieux il guérit. — Soins hygiéniques, bains, lotions, pansements, etc. — Excellents résultats fournis par l'hygiène, l'eau froide et la charpie. — Exigence des gens du monde réclamant un traitement pharmaceutique. — Traitement du chancre douloureux, enflammé. — Médications diverses préconisées contre le chancre. Leurs succès faciles contre une lésion qui guérit seule. — Quelques remèdes notablement nuisibles. — Abus des cautérisations au nitrate d'argent dans le traitement du chancre. A quelles indications répond seulement l'emploi de ce caustique.
Des indurations qui survivent au chancre. — Méthodes chirurgicales proposées contre elles. — Déplorable résultat fourni par l'excision d'une induration chancreuse. — Inutilité de toute intervention active contre une lésion destinée à se résoudre et à guérir par les seules forces de la nature.