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ni l'herpès vésiculeiix, ni l'herpès à peliles érosions miliaires conséculives à la rupture de vésicules isolées; c'est l'iierpès plus ou moins confluent, formant des groupes, des bouquets d'érosions contiguës, lesquelles à un moment donné se réunissent, se fusionnent et aboutissent ainsi à constituer une érosion assez large; c'est aussi l'herpès cmix, qui va au delà de l'épiderme, qui attaque superficiellement le derme, comme fait le chancre; — c'est l'herpès (i longue durée, exigeant plusieurs semaines pour son évolution complète; — c'est encore l'herpès solitaire, forme assez rare, mais très réelle, constituée par une érosion unique, souvent assez étendue; — c'est, en un mot, l'herpès qui, sous des formes diverses, se rapproche assez du chancre pour avoir mérité la qualihcation significative d'/terpès chancri forme, et qui, disons-le immédiatement, s'en rapproche à ce point en quelques circonstances que, de l'aveu des maîtres de l'art, de M. Ricord en particulier, « il n'est pas de diagnostic possible à établir à première vue ou pendant un certain temps entre le chancre et lui ».
Or, 3Iessieurs, lorsqu'on a affaire à ces variétés d'herpès, comment les distinguer du chancre? Quels signes nous permettent d'établir entre elles et le chancre un diagnostic différentiel?
Je pourrais vous dire en premier lieu, à l'instar de la plupart des auteurs, « que l'herpès est habituellement plus multiple et plus confluent que le chancre, que ses érosions sont habituellement moins étendues en surface que celles du chancre, qu'elles sont aussi plus superficielles, etc. ». Mais ces divers signes n'ont que fort peu de valeur; ils n'ont d'ailleurs rien de constant, car il estdes herpès peu confluents, voire solitaires comme le chancre, et il est aussi des herpès plus étendus ou plus creux que certains chancres, etc. Laissons donc ces prétendus signes différentiels et cherchons-en de meilleurs.
Yoici déjà un signe qui a plus de valeur que les précédents. Le plus habituellement (je ne dis pas toujours) l'herpès s'accompagne, soit avant son explosion, soit à son début, d'une excitation, d'une ardeur locale, d'un /"eu local, que nos malades de cet hôpital accusent parfois très bien en nous disant : « Cela me dévorait; j'avais le feu à la matrice ». Ov, rien de semblable ne se produit avec le chancre, lésion essentiellement indolente, lésion aprufigi-
netise par excellence. — Mais ce signe est encore bien sujet à caution, et je ne vous le donne que pour ce qu'il vaut. C'est là en effet un signe purement subjectil', complètement livré à l'appréciation des malades. Or il n'estjamais prudent en clinique d'instituer un jugement sur de simples sensations de malades. Le critérium diagnostique que nous cherchons n'est donc pas là.
Trois signes bien plus sérieux et bien autrement significatifs sont les Luivanls, sur lesquels en somme nous baserons le diagnostic différentiel du chancre et de l'herpès :
1° L'état des ganglions;
2° \] induration;
3° Le tracé circonférenciel de la lésion. Quelques mots sur ces divers signes.
1° État des ganglions. — Avec le chancre, adénopathie constante que vous connaissez, indolente, dure, persistante et le plus habituellement polyganglionnaire {pléiade) ;
Avec l'herpès, ou bien (c'est là de .beaucoup le cas le plus fréquent) aucun retentissement ganglionnaire, ou bien, tout au plus, très légère tension subinflammatoire des ganglions*.
2" Base de la lésion. — Avec le chancre, induration constante ou presque constante, à des degrés divers, sous les formes diverses que nous avons décrites précédemment;
Avec l'herpès, état souple delà base, ou tout au plus légère rénitence inflammatoire qui ne donne pas aux doigts la sensation sèche, nette, de l'induration spécifique.
, 3° Tracé circonférenciel de la lésion. — C'est là, d'après moi, Messieurs, un des signes les plus pratiques pour servir au diagnostic différentiel de l'herpès et du chancre, signe minutieux peutêtre, mais très réel et très distinclif. Voici ce en quoi il consiste :
Si vous examinez le contour d'un chancre, vous le trouvez représenté soit par un cercle d'un certain diamètre, soit par un ovale plus ou moins régulier, soit par une forme quelconque non géométrique, irrégulière.
Si vous examinez le contour d'un large herpès, vous le voyez
1. Il n'est question ici, bien entendu, que de Therpès discret; car, pour peu qu'il soit confluent, l'herpès ne laisse pas de réagir assez frcquenimenl sur les ganglions.
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au contraire curieusement figure par une série de circonférences incomplètes; tout au moins vous reconnaissez sur un ou plusieurs points de son contour un ou plusieurs petits segments de circonférence très régulièrement dessinés.
Cette disposition, cette forme polycyclique qu'affecte le pourtour de l'herpès, n'est pas le fait du hasard ; elle tient à ce que la plaie totale de l'herpès résulte de la fusion de plusieurs petites plaies absolument circulaires. Elle ne se rencontre pas avec le chancre, où elle n'a pas raison d'être, puisque le chancre se développe isolément et non en groupe, puisque le chancre n'est pas une lésion composée. Elle ne se rencontre pas davantage avec n'importe quelle autre variété d'ulcérations, de sorte qu'elle est pathognomonique de l'herpès.
J'ai recherché ce signe en un très grand nombre de cas, et je puis vous certifier que je l'ai observé très souvent d'une façon assez nette pour servir à distinguer sûrement le chancre de l'herpès chancriforme. Je crois donc, je vous le répète, que c'est là un des meilleurs caractères distinctifs de l'herpès.
Pour vous en convaincre, veuillez jeter les yeux sur la figure que voici. J'ai fait relever par un dessinateur le tracé circonféren-
ciel d'un certain nombre de chancres et d'herpès. A gauche sont les chancres, et à droite les herpès. Or, n'ètes-vous pas frappés, au premier coup d'œil,dc la différence de ces deux ordres de tracés? Remarquez déplus, à l'analyse de la figure, combien les segments de cercle qui composent le contour de l'herpès sont nettement
accusateurs et véritablement patliognomoniques, au moins pour certains cas.
En somme, Messieurs, c'est à l'aide de ces trois signes (état des ganglions, base de la lésion, tracé du contour) que vous parviendrez le plus souvent à établir d'une façon sérieuse et scientifique le diagnostic différentiel de l'herpès et du chancre, à l'établir d'emblée, s'entend; car, si vous vous donnez la latitude de confirmer votre diagnostic par la considération de ce qui va suivre, vous trouverez dans Vévolution ultérieure des lésions un signe diagnostique bien autrement important que les précédents.
L'évolution ultérieure est ici le critérium par excellence. S'il s'agit d'un herpès, la lésion ne tardera pas à se réparer, à se cicatriser d'une façon hâtive, et rien autre ne se produira à sa suite. S'il s'agit d'un chancre, la durée sera bien plus longue, au moins dans la grande généralité des cas. Ce chancre s'étendra, quelque peu du moins, ou bien restera stationnaire un certain temps; il prendra des caractères de plus en plus tranchés, et son adénopathie propre ne tardera pas à se formuler d'une façon non équivoque. Ajoutons enfin que toute incertitude, s'il pouvait en subsister quelqu'une, sera levée quelques semaines plus tard par l'apparition des accidents généraux.
Telles sont les bases sur lesquelles repose, à mon sens, le diagnostic clinique de l'herpès et du chancre*.
1. A dessein j'ai passé sous silence, dans ce diagnostic différentiel, deux signes équivoques auxquels certains autours attaelient une valeur que je considère pour ma part comme très contestable, à savoir :
1° Les antécédents d'herpès;
2° L'existence, au voisinage de la lésion, de vésicules ou d'érosions de nature lierpétifiue bien manifeste.
Les antécédents d'herpès n'ont aucune valeur. Car rien n'empêche quo le sujet le plus prédisposé aux herpès ne soit affecté à un momont donné d'un chancre sypliililique. Récuser ie chancre parce que le malade a été affecté préalablement d'herpès est presque une naïveté. Laissons aux malades trop confiants un argument de ce genre, n'en faisons pas un signe clinique.
L'existence, au voisinage de la lé -inn prinripnle, de vésicules ou d'érosinns herpétiques, a certes plus de valniir. Elle donne qmMque droit à supposer que celle b'sion est de môme nature. Ce signe toutefois est loin d'être probant. Nous allons voir en effet, dans un instant, que l'herpès se produit parfois au voisinage du chancre comme