‹ Leçons cliniques sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 120 sur 252 · i SYPIIILIDES DU LARYNX · texte numérisé non relu

i SYPIIILIDES DU LARYNX

Il ne se rattache à ces accidents qu'une seule particularité, mais celle-ci très intéressante, cliniquenrient, très importante à connaître. Lorsque les syphilides pharyngées siègent au niveau, au voisinage ou même à une certaine distance de l'orifice de la trompe d'Eustache, elles deviennent parfois l'origine de troubles plus ou moins marqués del'audition : hourdonnenienls continus ou intermittents, sif/lemenls d'oreille, olalgie, dureté de Vouïe, voire surdité presque complète. Ces divers symptômes ne sont pas absolument rares dans la période secondaire, et je les recommande d'autant plus à votre attention que l'origine spécifique de tels accidents reste le plus souvent méconnue.

Certes les troubles auditifs qui se produisent dans la période secondaire ne dérivent pas toujours de lésions pharyngées, ainsi que nous aurons l'occasion de le dire plus tard ; mais, pour bon nombre de cas, je l'affirme, ils sont la conséquence de syphilides de l'arrière-gorge, qui tuméfient, altèrent ou ulcèrent la muqueuse au voisinage de la trompe, et produisent même parfois une obstruction de ce canal.

Venons actuellement aux syphilides du larynx.

Les descriptions qu'on a données jusqu'ici de ces lésions (réserve faite pour quelques travaux récents) me paraissent avoir été surtout inspirées par des vues théoriques. On s'est efforcé de trouver dans le larynx des types morbides correspondant aux syphilides cutanées ou muqueuses d'autres régions, et, dans cette direction d'esprit, on a plus d'une fois, à mon sens, exagéré les données de la clinique. C'est ainsi qu'on a décrit une prétendue roséole du larynx, qui n'est qu'un mythe d'après moi; c'est ainsi qu'on a parlé d'une « coloration toute spéciale, pathognomonique même », que prendrait la muqueuse laryngée sous l'influence du virus syphilitique. C'est ainsi qu'on a rapporté à la vérole des lésions qui assurément ne lui appartiennent pas (comme, par exemple, les polypes et les végétations), ou bien encore que l'on a donné comme habituelles certaines formes éruptives très rares dans le larynx, telles que la plaque muqueuse ou la papule muqueuse bien définie, bien circonscrite.

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