ADÉNOPATIIIES SECONDAIRES
crêtes. La règle csl de trouver quelques ganglions à la nuque, quelques autres au niveau des amygdales ou sous la mâchoire, et c'est tout. Maison certains cas, chez la femme notamment, il n'en est plus ainsi, et l'on observe des adénopathies multiples, qui., par leur multiplicité même, s'écartent des cas usuels. 11 n'est pas rare de la sorte de constater de nombreux ganglions dans chaque rainure du trapèze, sous l'occiput, aux apophyses mastoïdes, dans les régions parotidiennes, sous-maxillaires, sushyoïdiennes, péri-pharyngées, cervico-lalérales, etc. Ces ganglions multiples présentent tous les caractères des adénopathies que nous avons décrites précédemment; ils sont seulement un peu plus volumineux que de coutume. Quelquefois ils sont lellemeni nombreux qu'ils forment de véritables chapelets qui descendent de l'occiput au milieu du cou, et de la région parolidienne au creux sus-claviculaire. Ce sont là les chapelets cervicaux de la vérole.
Parfois même ces engorgements glandulaires se propagent à d'autres régions, telles que l'aine, l'aisselle, etc. On croirait presque avoir affaire alors à une véritable adénie d'origine syphilitique.
C'est à cette forme d'engorgement glandulaire multiple, confluent, qu'il convient, je crois, de réserver le nom de glandage secondaire.
Nous observons assez fréquemment ici ce glandage secondaire. La femme y est-elle plus prédisposée que l'homme, et cela par son tempérament, sa constitution, ses tendances lymphatiques? 11 me semble rationnel de le croire.
Nous avons précisément dans nos salles, actuellement, une femme affectée de ces adénopathies secondaires à forme confluente. La voici. Inutile de vous renseigner sur le diagnostic ; vous le voyez écrit sur le visage, où s'étale une syphilide papulo-squameuse des plus typiques. Veuillez explorer sur cette malade la nuque, les régions mastoïdiennes, sous-occipitales, parotidiennes, sous-maxillaires, sus-hyoïdiennes, péri-pharyngées, cervicales antérieures, cervicales inférieures. Vous trouverez toutes ces régions farcies de glandes, passez-moi l'expression. Glandes ici, glandes là, glandes partout, et en grand nombre. Comptez ces
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glandes, comme je l'ai fait ces derniers jours; vous en trouverez une trentaine environ. — C'est là, Messieurs, le glandage syphilitique, — Et ne croyez pas que ce glandage ait atteint, sur la malade que je viens de vous présenter, le maximum auquel il puisse parvenir. Je l'ai vu bien plus confluent encore chez certains sujets.
Est-il quelque élément pronostique à tirer de cette multiplicité, de cette confluence insolite des adénopathies secondaires ? Oui, dans une certaine mesure. J'ai remarqué — et je n'ai pas été le premier à faire cette remarque — que le grand nombre, le développement exagéré et la dissémination des glandes sur plusieurs régions coïncident assez fréquemment avec des manifestations syphilitiques plus ou moins sérieuses, notamment avec des troubles intéressant la vie splanchnique. J'ai vu plusieurs fois le glandage secondaire s'accompagner d'une anémie marquée, avec pâleur, décoloration chlorotique des téguments, faiblesse générale, alanguissementdes fonctions nutritives, palpitations, essoufflement, désordres nerveux, etc. — Il serait même curieux de savoir si le nombre des globules blancs du sang n'est pas augmenté dans les cas de ce genre, de façon à constituer une leucémie passagère. C'est là un point très digne d'attention, que l'examen microscopique élucidera quelque jour.
Sans doute, c'est encore une raison de tempérament, de prédisposition constitutionnelle, qui imprime parfois aux adénopathies secondaires, chez la femme particulièrement, une modification d'un autre genre qu'il me reste à vous signaler. Voici ce qu'on observe en certains cas.
Les adénopathies commencent par se produire sous leur forme habituelle. Puis, au lieu de se borner au développement minime qu'elles ne dépassent guère en général, elles continuent à s'accroître et deviennent volumineuses, grosses comme une noix, comme un marron; voire, mais cela est plus rare, comme un œuf de poule. Elles simulent alors complètement sous cette forme les engorgements glandulaires de la scrofule. Aussi méritent-elles justement le nom d'adénopathies strumoïdes ou syphilo-slrumeuses.
Arrivées à ce degré de développement, ou bien elles se résolvent