SIÈGE. — DEGRÉS. — VARIÉTÉS
Comme siège, il occupe exclusivement les membres ^ et les membres supérieurs bien plus souvent que les inférieurs. Jamais il ne tend au tronc, non plus qu'à la tête.
Parfois il est circonscrit, unilatéral, limité par exemple à un seul bras.
En . définitive, c'est toujours aux mains qu'il est le plus accusé, le plus facilement appréciable en conséquence pour le malade comme pour le médecin.
Variable de forme et d'intensité, il consiste tantôt en une sorte de trépidation musculaire à rapides et très petites secousses, qu'il faut en quelque sorte guetter pour les percevoir, et tantôt en des oscillations bien plus accentuées, bien plus étendues, presque comparables, par exemple, à celles de l'alcoolisme ou du tremblement de la frayeur. — Entre ces deux extrêmes tous les degrés intermédiaires peuvent s'observer. Quelle qu'en soit la forme du reste, l'observateur, en plaçant la main sur le membre affecté, perçoit nettement dans les masses musculaires une agitation convulsive, une sorte de frémissement fibrillaire.
Cadencé etrbythmique en certains cas, ce tremblement affecte, en d'autres circonstances, une notable irrégularité. Il se compose alors d'une série de secousses très inégales entre elles, auxquelles s'ajoutent souvent des spasmes plus étendus.
Le sphygmographe, qui, comme vous le savez, peut être détourné de ses applications habituelles pour servir d'instrument enregistreur des tremblements musculaires, le sphygmographe, dis-je, rend un compte précis de toutes les formes, de toutes les nuances dont est susceptible le phénomène que nous étudions. Il les écrit, pour ainsi dire, il les reproduit avec une fidélité surprenante. Grâce à lui, je vais pouvoir mettre sous vos yeux toute une série de tracés qui vous représenteront le tremblement secondaire dans ses diverses variétés.
Voici d'abord quatre spécimens de la première variété, consis-
1. Dans un seul cas, j'ai noté sur une de mes malades un léger tremblement de la langue, lequel n'a pas persisté au delà de quelques jours.
tant en une sorte de trépidation musculaire rhythmique, à petites et très brèves secousses.
l'iG. 4.
Cette variéLé n'est pas la plus commune. Elle cède le pas comme IVéquence à la suivante, consistant en une série de secousses musculaires à la lois plus étendues, moins rapides et plus irrégulières.
Ce dernier tracé vous rcprésenlc le trembleraenl sypliililiquc composé par une série d'oscillations musculaires d'étendue moyenne, presque égales entre elles, et régulières, pour ainsi dire, dans leur irrégularité.
Tel, en effet, il s'offre IVéquemment à l'observation. Le plus lia-
l'iG. 7.
bituellement toutefois à ces oscillations d'égale [étendue s'ajoutent d'une façon intermittente des secousses plus intenses, de Y\{^\)\c^ soubresauts musculaires, lesquels soulèvent ou abaissent brusquement le levier du sphygmographe, de façon à donner lieu aux tracés les plus bizarres. Voyez comme exemples les figures G, 7 et.8.
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Parfois encoïc ces soubresauts musculaires deviennent extrêmement intenses et projettent le levier à une grande hauteur, comme dans les deux figures 9 et iO.
FiG. 8.
IMC. 'J.
IMG. 10.
FlG. 11.
Enfin, dans une autre variété plus rare, presque exceptionnelle môme, les secousses du tremblement syphilitique sont à la fois remarquables par leur intensité el par la rapidité extraordinaire avec laquelle elles se succèdent. Les tracés qu'elles fournissent alors sont des plus singuliers, comme vous allez le voir.