HYSTÉRIE. — ÉPILEPSIE. G
préexistantes, soit développer, créer de toutes pièces des névroses qui ne s'étaient pas encore révélées, qui n'existaient qu'en germe dans l'organisme, qui peut-être môme, sans la vérole, ne se seraient jamais produites. Rien de plus curieux à étudier que cette double action delà dialhèse.
Premier point : la syphilis secondaire peut stimuler certaines névroses préexistantes, réveiller certaines névroses éteintes ou calmées. De cela nous avons ici des exemples fréquents, pour l'hystérie surtout, voire pour l'épilepsie.
Parlons àeVhystérie tout d'abord.
Il est assez commun que des femmes anciennement hystériques, dont les accès s'étaient amendés depuis un certain temps, voient tout à coup leurs crises et leurs anciens malaises nerveux reparaître dans le cours de la période secondaire. Sous l'influence de l'éréthisme qu'imprime aux fonctions nerveuses le poison de la vérole, ces femmes redeviennent subitement hystériques à compte nouveau, si je puis ainsi dire, ou le deviennent à un degré supérieur, si elles n'avaient cessé de l'être. Elles reprennent leurs accès convulsifs, elles reprennent leur état vaporeux, leur susceptibilité nerveuse. En un mot, l'hystérie, qui chez elles s'était calmée, subit de l'influence syphilitique une exacerbation nouvelle ^
Et quoi d'étonnant. Messieurs, à ce que la syphilis donne le coup de fouet à une névrose aussi mobile, aussi impressionnable — passez-moi le mot — aussi sujette à oscillations, à recrudescences, que l'est l'hystérie? Ne voyons-nous pas chaque jour cette névrose subir des exacerbations semblables sous l'incitation des causes les plus variées, de perturbations physiques comme de commotions morales? Et la vérole n'est-elle pas bien faite, à tous égards, pour stimuler une affection si facilement accessible aux excitations de tout genre?
Pour avoir l'occasion de s'exercer moins souvent, l'influence de
1. C'est même là un fait si commun que j'ai cru inutile de citer des observations particulières.