INDOLIÎNCE DE LA LÉSION
plètc. Puis vient l'heure de la décepLion amèrc, laquelle a bien aiissi pour le médecin son côté désobligeant.
Tel est, messieurs, à son début, le chancre de contagion. Suivons-le actuellement dans son évolution ultérieure.
Deux phénomènes principaux marquent le progrès du chancre. D'une part, l'érosion s'accroît et s'étend en sudace excentriquement, mais en restant toujours superficielle, ou tout au moins en n'attaquant que les couches les plus extérieures du derme. D'autre part, l'épaississement initial de la région devient de plus en plus manifeste; les tissus qui sous-tendent l'érosion prennent une consistance morbide; il semble qu'il se forme là une infiltration intra-dermique, un dépôt plastique, une néoplasie qui, nettement circonscrite à l'aire de la lésion, constitue sous cette lésion une sorte de base ou d'assise résistante.
Ces deux phénomènes marchent généralement. d'un pas égal, à quelques exceptions près. Lorsque l'un et l'autre sont accomplis , le chancre est constitué.
Prenons donc le chancre à cette époque de maturité pour «.ji analyser les caractères. De tous les sujets que nous aurons à traiter dans le cours de ces conférences, c'est là sans contredit l'un des plus intéressants et des plus essentiels à approfondir.
Premier caractère, négatif celui-ci, mais non moins important pour cela : Chez la femme comme chez l'homme, le chancre syphilitique naît, se développe et s'éteint d'ime façon remarquablement indolente. — Nul doute, nulle contestation possible à cet, égard. Interrogez toutes nos malades affectées de chancres, elles vous répondront invariablement i[vCelles ne souffrent pas des lésions qu'elles portent, qu'elles n'en ont jamais souffert, que '( lorsqu'elles se lavent ou lorsqu'elles se pansent, seulement, cela les pique bien un peu, mais qu'à part cela elles ne ressentent aucune douleur ».
Le chancre ne devient véritablement sensible et douloureux que sous l'influence de certaines conditions locales de fâcheuse influence, telles que les suivantes, par exemple : lorsqu'il est situé
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de façon ù être le siège de frottements dans la marche; — lorsqu'il est agacé par des pansements irritants, par la malpropreté, par des écoulements vagino-utérins, par des cautérisations intempestives, etc.; — lorsqu'il est irrité pai-la fatigue, le travail, le coït, les excès alcooliques, le contact de l'urine ou des matières fécales; — lorsque enfin, pour une raison quelconque, il vient à s'enflammer, complication que nous étudierons plus tard.
Mais, en dehors de ces conditions particulières, je ne crains pas de vous le répéter encore, le chancre est une lésion essentiellement indolente. Aussi fort souvent passe-l-il inaperçu, parce qu'il n'est pas senti. Que de fois, pour ma part, n'ai-je pas découvert chez les femmes de cet hôpital des chancres qu'elles ne nous avaient pas accusés « parce qu'elles n'en souffraient pas ! » Que de fois aussi, reconnaissant les traces non équivoques d'un chancre vulvaire ou autre, puis interrogeant les malades sur l'histoire antérieure diî cet accident, n'ai-je pas ohtenu d'elles des réponses comme celles-ci : « Vous dites que j'ai eu un chancre là, docteur; c'est singulier, je ne m'étais aperçue de rien en cet endroit; je n'ai jamais rien senti là » ; ou bien encore : « C'est vrai, j'ai eu là un bouton il y a quelque temps; mais ce n'était rien, je vous assure, car cela ne m'a jamais fait le moindre mal. »
Comme étendue, le chancre de la femme est certainement assez variable. On peut dire cependant que ses dimensions habituelles sont celles d'une pièce de 20 ou de 50 centimes, d'un haricot, d'un noyau de prune. Quelquefois plus petit, restreint par exemple aux proportions d'une lentille, il est d'autres fois notablement plus grand, large comme une amande, comme une pièce d'un franc. Rarement il lui arrive de dépasser ces dernières limites.
Comme forme graphique, il n'est pas moins sujet à de nombreuses variétés, en relation avec le siège qu'il occupe. Le plus communément il est arrondi d'une façon plus ou moins régulière, ou bien ovale, oblong, elliptique. Quelquefois il est allongé, fîssuraire. D'autres fois il devient tout à fait irrégulier, en s'adaplant aux configurations variées des régions qu'il affecte.
Son aspect général est ce qu'il y a de plus essentiel, à bien doter-