Voy. Leçons sur le chancre, deuxième édit., p
produit sous le chancre n'atteint que des proportions rudiinontaires. Etalée en surface, elle constitue alors une lamelle d'une excessive minceur, comparable à ce que serait une feuille de papier doublant l'érosion chancreuse. La sensation qu'elle fournit dans ce cas n'est plus perceptible qu'à un toucher attentif et minutieux. Cette sensation n'est plus celle d'une feuille de parchemin ; c'est moins que cela; c'est tout au plus celle d'une rénitence légère, analogue à la rénitence d'une /'ewiZ/erfe;)rt/)ier, d'une feuille d'arbre qu'on presserait entre les doigts. — On donne à ce degré atténué de l'induration lamelleuse le nom d'induration foliacée ou papyracée.
Ne vous effrayez pas, messieurs, de ces dénominations techniques. Elles sont très simples en somme et ne font que traduire des choses plus simples encore, avec lesquelles en quelques jours de pratique on est bientôt familiarisé.
Donc, en résumé, l'induration chancreusd se présente sous deux formes :
1" Forme profonde (induration noueuse, calleuse; grosse induration, induration massive) ;
2° Forme superficielle (induration étalée en surface, induration lamelleuse).
Et celle-ci, à son tour, reconnaît deux degrés :
1°-Degré bien accentué: induration parcheminée; 2° Degré plus ou moins atténué : induration foliacée ou papyracéc.
A l'induration chancreuse se rattachent, chez la femme notamment, nombre de questions importantes, essentielles à discuter. Mais ces questions nous entraîneraient loin de notre étude actuelle. Réservons-les pour notre prochaine réunion, et poursuivons notre sujet.
Jusqu'ici, messieurs, nous n'avons fait qu'étudier isolément chacun des attributs du chancre. De l'analyse passons à la synthèse. Nous venons de démembrer, pour ainsi dire, le type du chancre et d'envisager à part chacun.de ses éléments; reconstituons-le actuellement, et considérons-le dans son ensemble.
D'après ce que nous avons vu, le chancre syphilitique de la femme consiste en ceci :
A son début, c'est une érosion; — une érosion très limitée, superficielle, plate, rougeâtre, doublée parfois d'un très léger épaississement des tissus sur lesquels elle repose, n'offrant aucun caractère spécial, bénigne d'aspect et presque insignifiante.
A sa période de maturité complète, c'est encore le plus habituellement une érosion ou tout au plus une ulcération superficielle, effleurant plutôt qu'entamant les tissus ;
Erosion indolente pendant toute sa durée, à moins de complications éventuelles ;
Erosion limitée comme étendue, offrant en général les dimensions d'une pièce de 20 ou de 50 centimes ;
Erosion communément arrondie ou ovalaire, mais pouvant affecter toutes les formes possibles ;
Erosion plate et de niveau avec les parties voisines, souvent même soulevée, bombée, papuleuse, rarement au contraire creuse et excavée ;
Erosion à fond lisse, égal et uni;
Erosion sans bords véritables, sans arête circonférencielle, à contours se continuant de plain-pied avec les tissus sains périphériques;
Erosion n'offrant pas de coloration spéciale, mais se présentant le plus souvent sous l'aspect soit d'une plaie rouge, de couleur chair musculaire, soit d'une plaie à centre gris et à zone périphérique rougeâtre ;
Erosion suppurant peu, et sécrétant de la sérosité purulente plutôt que du véritable pus ;
Erosion enfin reposant sur une base rénitente à des degrés
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divers el oITranL l'une des trois variétés d'induration dites induration noueuse, parcheminée ou rqliacée.
Tel est, messieurs, le chancre de la femme. Tel du moins il se présente le plus communément à l'observation, reproduisant ainsi trait pour trait, comme vous avez pu le voir, le chancre d'expérimentation que je vous décrivais au début de cette conférence.
Est-il besoin d'ajouter actuellement que ce type n'est pas invariable? Vous le pressentez bien. Toute maladie a ses formes et ses variétés; le chancre ne fait pas exception à cette loi. En tant qu'espèce morbide, il est susceptible de modifications nombreuses que j'aurai à vous signaler plus tard. Mais, quelque altéré qu'il puisse être dans ses attributs, toujours par ses caractères les plus essentiels il se rattache au type primordial que nous venons d'étudier et que je devais à ce titre vous décrire tout d'abord.
Après avoir envisagé le chancre à ses périodes de début, d'augment et de maturité, il nous reste à le suivre dans son évolution ultérieure.
Une fois constitué, avec l'ensemble des caractères que nous lui avons reconnus, le chancre reste toujours stationnaire un certain temps, sans présenter ni tendance à s'accroître, ni tendance à se réparer. C'est à ce stade d'immobilité apparente, de statu quo temporaire, que l'on donne communément le nom de période û'élal.
Puis, après un temps variable, un travail de réparation se manifeste. Il s'accuse généralement par les deux phénomènes que voici :
1° Modification de teinte de la surface du chancre, laquelle se déterge de sa couche pseudo-membraneuse et, de grise ou de rouge foncé qu'elle était, devient rougcàtre, rosée, semblable comme aspect à une plaie simple en voie de cicatrisation;
2° Exhaussement léger du fond de l'érosion ou de l'ulcération.