‹ Leçons cliniques sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 60 sur 252 · HERPÈS · texte numérisé non relu

HERPÈS

au contraire curieusement figuré par une série de circonférences incomplètes; tout au moins vous reconnaissez sur un ou plusieurs points de son contour un ou plusieurs petits segments de circonférence très régulièrement dessinés.

Cette disposition, cette forme polycijclique qu'affecte le pourtour de l'herpès, n'est pas le fait du hasard ; elle tient à ce que la plaie totale de l'herpès résulte de la fusion de plusieurs petites plaies absolument circulaires. Elle ne se rencontre pas avec le chancre, où elle n'a pas raison d'être, puisque le chancre se développe isolément et non en groupe, puisque le chancre n'est pas une lésion composée. Elle ne se rencontre pas davantage avec n'importe quelle autre variété d'ulcérations, de sorte qu'elle est pathognomonique de l'herpès.

J'ai recherché ce signe en un très grand nombre de cas, et je puis vous certifier que je l'ai observé très souvent d'une façon assez nette pour servir à distinguer sûrement le chancre de l'herpès chancriforme. Je crois donc, je vous le répète, que c'est là un des meilleurs caractères distinctifs de l'herpès.

Pour vous en convaincre, veuillez jeter les yeux sur la figure que voici. J'ai fait relever par un dessinateur le tracé circonféren-

ciel d'un certain nombre de chancres et d'herpès. A gauche sont les chancres, et à droite les herpès. Or, n'êtes-vous pas frappés, au premier coup d'œil, de la différence de ces deux ordres de tracés ? Remarquez déplus, à l'analyse de la figure, combien les segments de cercle qui composent le contour de l'herpès sont nettement

accusateurs et véritablement pathognomoniques, au moins pour certains cas.

En somme, Messieurs, c'est à l'aide de ces trois signes (état des ganglions, base de la lésion, tracé du contour) que vous parviendrez le plus souvent à établir d'une façon sérieuse et scientifique le diagnostic différentiel de l'herpès et du chancre, à l'établir d'emblée, s'entend; car, si vous vous donnez la latitude de confirmer votre diagnostic par la considération de ce qui va suivre, vous trouverez dans VévoliUion ultérieure des lésions un signe diagnostique bien autrement important que les précédents.

L'évolution ultérieure est ici le critérium par excellence. S'il s'agit d'un herpès, la lésion ne tardera pas à se réparer, à se cicatriser d'une façon hâtive, et rien autre ne se produira à sa suite. S'il s'agit d'un chancre, la durée sera bien plus longue, au moins dans la grande généralité des .cas. Ce chancre s'étendra, quelque peu du moins, ou bien restera stationnaire un certain temps; il prendra des caractères de plus en plus tranchés, et son adénopathie propre ne tardera pas à se formuler d'une façon non équivoque. Ajoutons enfin que toute incertitude, s'il pouvait en subsister quelqu'une, sera levée quelques semaines plus tard par l'apparition des accidents généraux.

Telles sont les bases sur lesquelles repose, à mon sens, le diagnostic clinique de l'herpès et du chancre ^

1. A dessein j'ai passé sous silence, dans ce diagnostic dilTérentiel, deux signes équivoques auxquels certains auteurs attachent une valeur que je considère pour ma part comme très contestable, À savoir :

1° Les antécédents d'herpès;

2° L'existence, au voisinage de la lésion, de vésicules ou d'érosions de nature herpétique bien manifeste.

Les antécédents d'herpès n'ont aucune valeur. Car rien n'empêche que le sujet le plus prédisposé aux herpès ne soit affecté à un moment donné d'un chancre syphilitique. Récuser le chancre parce que le malade a été affecté préalablement d'herpès est presque une naïveté. Laissons aux malades trop confiants un argument de ce genre, n'en faisons pas un signe clinique.

L'existence, au voisinage de la lésion principale, de vésicules ou d'érosions herpétiques, a certes plus de valeur. Elle donne quelque droit à supposer que cette lésion est de même nature. Ce signe toutefois est loin d'être probant. Nous allons voir en effet, dans un instant, que l'herpès se produit parfois au voisinage du cliancrc comme

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