ACCIDENTS CONSÉCUTIFS
lard ;i un chancre. Cela n'est pas clans la nature, cela ne peut cire, pas plus qu'on ne voit en botanique la fleui' succéder au
En second lieu, ces manifestations consécutives diffèrent essentiellement de l'accident pi'imitif en ce qu'elles ne sont plus localisées comme lui en un point, au point même où s'est exercée la contagion. Tout au contraire elles jouissent et elles n'abusent que trop du privilège de se disséminer jiar tout, de s'étendre partout. Tandis que le chancre n'a que le droit de se produire en un point et semble réduit au rôle de lésion locale, celles-ci inversement ont la faculté de se répandre en tout lieu, dans tous les départements de l'organisme, à la surface comme dans la profondeur de l'être vivant.
Voyez donc quelle différence de caractères distingue ces deux ordres de phénomènes morbides, le premier constitué par une lésion d'apparence toute locale, le second par une série de déterminations éparpillées dans l'économie, semblant témoigner et témoignant en effet d'une infection générale.
Or les manifestations consécutives de la vérole, qui sont — vous le savez de reste. Messieurs, — essentiellement multiples et variées de formes, de caractères, de localisations, etc., peuventelles se produire indistinctement dès que la carrière leur est ouverte, pour ainsi parler, c'est-à-dire dès que la période intercalaire qui sépare le chancre des accidents généraux se trouve épuisée? Et le cinquantième jour d'une syphilis, par exemple, peul-il indifféremmenl être signalé par l'éclosion d'un de tes accidenis quelconques, d'une roséole ou d'une exostose, d'une papule muqueuse ou d'une gomme? Non, Messieurs, non. Sur ce point l'observation s'est prononcée, et nous savons aujourd'hui d'une façon certaine que, loin d'être livrée au hasard, l'évolution des divers phénomènes qui composent la syphilis consécutive est soumise à une véritable méthode chronologique. Nous savons que parmi ces phénomènes il en est qui sont appelés à se produire de bonne heure, d'autres plus tard, d'autres plus tard encore, et que tous, quels qu'ils soient, ont leur temps marqué, leur date propre
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dans le calendrier de la vérole. Pour parler sans figure, de ces accidents les uns ont pour caractère de succéder au chancre à bref délai, à courte échéance, dès les premiers mois de la maladie ; — d'autres ne viennent qu'à la suite de ceux-là et ne font guère Icui' apparition que vers la fin de la première année ou dans le cours de la seconde; — d'autres enfin tiennent l'arrière-garde et ferment la marche, ne se produisant qu'à un âge avancé de la dialhèse, lorsque cette diathèse a vieilli, lorsqu'elle compte pour le moins plusieurs années d'existence.
De plus, une observation attentive de la maladie, pénétrant les caractères de ces divers accidents précoces ou lardifs, démontre cet autre fait, à savoir ,: que ces accidents ne diffèrent pas seulement entre eux par leur coordinationchronologique;— qu'ils diffèrent aussi et surtout par le siège qu'ils affectent, par la forme morbide sous laquelle ils se présentent, par leur pliysionomie, leur allure, leurs caractères généraux; — qu'ils ne diffèrent pas moins parleur gravité intrinsèque; — qu'ils diffèrent même enfin par l'influence curative qu'exercent sur eux les divers agents de la médication antisyphilitique.
Aussi s'est-on préoccupé de tout temps — et cela devait être — de classer ces accidents, de les distribuer en groupes naturels suivant leurs affinités réciproques et surtout suivant l'ordre dans lequel ils se succèdent. De nombreux essais ont été faits dans ce sens, même àune époque très éloignée de nous'. 11 n'entre dans
1. Citons comme exemple le remarquable passage s\iivant, emprunté à Thierry de Héry :
« Les symptômes ou accidents communs de cette maladie (maladie vénérienne ou vérolle) sont plusieurs, desquels les um précèdent, les autres suivent, les autres surviennent. Ceux qui précèdent sont ulcères de diverse nature en la verge, ardeur d'urine ou pisse-chaude, bubons ou poulains..., lesquels servent quasi d'avant-coureurs. Les autres que nous appelons suivans ou consécutifs sont pustules et ulcères naissants par tout le corps, principalement aux parties honteuses, au siège, à la bouche, à la gorge, à la teste, au front et aux émoncloircs. Pareillement cheute de poil, communément dite pelade, douleurs articulaires, souvent mobiles aussi, mais peu souvent tophes ou nodositez. Les derniers, que nous appelons survenans on extraordinaires..., sont douleurs fi.xes de toute la teste ou d'une partie d'icelle, des bras, des jambes, principalement avec nodositez, où souvent sont les os cariez et corrompus, ulcères virulents et phagédéniques, communément dits ambulatifs, scissures ou dartres aux mains, pieds et autres parties du corps, vice provenant de chacune des concoctions avec marasmation et amaigrissement d'iceluy, etc.. » {La méthode curaloire de la maladie vénérienne vulgairement appelée grosse vcrol'e, p. 133 )