CLASSIFICATION
mon sujet ni de les reproduire ici, ni d'en établir la critique. Qu'il me suffise de vous dire simplement ceci : De toutes les classifications qui ont été proposées, aucune à coup sûr n'est parfaite, et je crois qu'il ne saurait en exister jamais qui soit parfaite, parce qucTabsolu n'est guère dans la nature vivante et moins encore dans la nature malade. Mais il en est une très simple qui, sans échapper à des critiques légitimes, réalise cependant ce que nous cherchons en pratique, c'est-à-dire une appréciation d'ensemble des diverses étapes de la vérole. Cette classification, qui non seulement est devenue classique aujourd'hui, mais qui a passé dans la langue commune, vous la connaissez déjà. Messieurs; elle est due à M. Ricord, et elle partage ainsi l'évolution totale de la diathèse :
I. — Période primitive : chancre, avec son satellite fidèle, le bubon. — Cette période est celle dont nous avons traité jusqu'à présent.
II. — Période secondaire, constituée par l'ensemble des accidents qui succèdent au chancre à courte échéance (c'est-à-dire dans le cours des premiers mois, de la première, de la seconde ou au plus de la troisième année), et qui ont pour car&ctère habituel de n'intéresser les tissus que d'une façon superficielle et relativement bénigne.
m. — Période tertiaire, constituée par les accidents qui ont pour habitude de ne se manifester qu'à un âge plus ou moins avancé de la maladie, et pour caractère d'intéresser les tissus d'une façon profonde et grave.
Je vous le répète, cette classification est passible d'objections nombreuses; mais, telle qu'elle est, telle que je vi'ens de la formuler (après avoir pris soin d'en élaguer certains caractères^ que
Voyez de même Jacques de BéthencourL (Nouveau carême de pénitence), Jean de ïigo, etc. — Je crois avoir montré dans ma Collection des anciens syphiliographes que la hiérarchie qui préside à l'évolution des diverses manifestations dé la maladie 'avait pas échappé auxpremiersaulcursqui virent éclore et décrivirent le mal Irançais. 1. M. Ricord, par exemple, donnait comme caractère de la période primitive d'être a seule à recéler le virus inoculable; — et comme caractère de la période secondaire de n'ajfecter que les llisus superficiels, la vérole tertiaire ayant pour attribut opposé d'affecler les tissus profonds. Or, ce sont là des erreurs que la science actuelle a réformées. Elles ne sauraient