‹ Leçons cliniques sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 76 sur 252 · TROUBLES GÉNÉRAUX DE LA PÉRIODE SECONDAIRE · texte numérisé non relu

TROUBLES GÉNÉRAUX DE LA PÉRIODE SECONDAIRE

J'ai dit, en second lieu, que la débilitalion syphilitique peut favoriser ou exciter le développement, la manifestation de certaines diathèses en puissance. Sur ce point il ne saurait rester de doutes, et tous les médecins qui n'observent pas seulement dans le champ restreint de la spécialité ont été frappés de celte action indirecte de la syphilis sur la mise en évolution de certaines diathèses.

Pour la scrofule, tout d'abord, nous avons de cela des exemples quotidiens. Très fréquemment, chez les jeunes gens lymphatiques, délicats, blonds, et plus souvent encore chez les jeunes femmes de môme tempérament, nous voyons la syphilis donner le coup de fouet en quelque sorte au vice strumeux latent, et provoquer diverses déterminations morbides d'essence manifestement scrofuleuse : soit, par exemple, des engorgements ganglionnaires volumineux et chroniques (tels que bubons cervicaux, sous-maxillaires, inguinaux ou autres), soit des lésions articulaires ou osseuses, soit encore des scrofulides intenses ou malignes qu'on prend d'abord pour des syphilides, mais dont la ténacité et l'évolution ultérieure, sans parler d'autres caractères, démontrent plus tard la nature essentiellement scrofuleuse. C'est, je me le rappelle, aux accidents de ce genre, métis comme origine et souvent aussi comme caractères, que M. Ricord donnait, en langage familier, la dénomination expressive de scrofulates de vérole.

Il en est de même de la tuberculose. Que la syphilis se déclare chez une jeune femme prédisposée à la tuberculose soit par hérédité, soit par tempérament acquis, ne peut-elle pas en anémiant, en aslhéniant, en appauvrissant l'économie, précipiter ou même provoquer le développement de tubercules qui, sans l'appoint de cette cause adjuvante, ne se seraient manifestés que plus tardivement ou qui même ne se seraient peut-être jamais produits? Cela, le bon sens le dit, et la clinique le prouve. Pour ma part, j'ai déjà vu, soit ici soit ailleurs, nombre de jeunes sujets, chez lesquels la syphilis avait exercé puissamment son influence dépressive, devenir tuberculeux dans les premiers mois ou les premières années de l'iniection. J'ajoute même que, développée dans ces conditions, la phtisie suit quelquefois une évolution hâtive, fait les progrès rapides, et tue à bref délai.

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