RÉACTION SUR LES DIATHÈSES EN PUISSANCE
Aussi, d'après mon expérience propre, comme aussi d'après ce qu'ont dit sur ce point les observateurs les plus autorisés, n'hésite rai-je pas à inscrire la syphilis au chapitre étiologique delà tuberculisation pulmonaire.
Gomment cette cause spéciale, la syphilis, conduit-elle à la tuberculose? Je l'ignore, mais je suppose qu'elle agit tout naturellement en appauvrissant l'organisme, en diminuant la résistance vitale. Je suppose qu'elle agit ici, non pas comme cause spécifique, mais comme cause dépressive banale, c'est-à-dire au même titre que la misère, la captivité, les chagrins, l'alimentation insuffisante, le surmenage, les excès, les fatigues, etc., toutes causes qui, comme vous le savez et comme la science actuelle le démontre, composent le fond étiologique de la phtisie pulmonaire.
Aussi bien d'une façon générale, et c'est là le point clinique où je voulais en venir, méfiez-vous delà vérole, Messieurs, quand vous la voyez agir sur F économie de façon à appauvrir l'individu; méfiez-vous d'elle quand vous la voyez produire un état général un peu sérieux, et surtout quand cette action dépressive s'exerce sur des sujets jeunes, spécialement chez des femmes encore à peine nubiles, lymphatiques d'allure, faibles de constitution, pâles, préalablement anémiques, etc. ; méfiez-vous d'elle plus encore quand ces jeunes femmes sont prédisposées à la tuberculose par des antécédents héréditaires, car cette syphilis peut facilement devenir, dans de telles conditions, un prétexte suffisant à l'éclosion des tubercules.
Ce que je viens de vous dire de la scrofule et delà tuberculose, je pourrais vous le répéter à propos d'autres diathèses, à propos des névroses en particulier, que la syphilis surexcite parfois à un degré surprenant; — à propos de la dartre\ de V herpès, dont
1. J'ai vu nombre de fois déjà des manifestations dartreuses, le psoriasis, par exemple, succéder à des manifestations syphilitiques et se développer, vraisemblablement du moins, sous l'impulsion indirecte de la syphilis. Je crois donc que la syphilis peut servir d'incitation indirecte aux poussées dartreuses chez les sujets héréditairement ou personnellement prédisposés à la dartre. Je le crois d'autant plus que cette opinion n'est pas seulement mienne; je l'ai retrouvée formellement exprimée par M. Bazin. En plusieurs passages de ses livres, le savant dcrmatologiste de Saint- Louis signale l'influence exercée par la sypiiilis sur les affections cutanées, nutammnnt sur la dartre. « ... Il arrive encore, dit-il, que les syphilides provoquent l'cx-