‹ Leçons cliniques sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 85 sur 252 · IX. — Lésion non inlluencée par le mercure · texte numérisé non relu

IX. — Lésion non inlluencée par le mercure

X. — Pas d'antécédents sy|)liilitiques et pas de symptômes sypiiilitiques contemporains (sauf coïncidence). — Antécédents arthritiques ou dartreux.

Ibnd de la cupule ne prenait parfois une teinte bistrée, d'un brun noirâtre et comme maculeux, alors que ses bords conservent leur coloration normale. De là un aspect bicolore de la papule, aspect assez étrange pour devenir distinctif et constituer un signe presque pathognomo nique

IV. — Assez fréquemment, les syphilides papuleuses se présentent sous la forme circinée ou sous un dérivé de cette forme. Plusieurs de nos malades actuelles offrent des éruptions de ce genre que je vais mettre sous vos yeux. Sur celle-ci, par exemple, vous voyez plusieurs anneaux papuleux, très régulièrement circulaires, et, sur celle-là, de longues tramées papuleuses figurant des demi-lunes, des croissanls. — Sur cette troisième malade, la lèvre supérieure, la partie antérieure de la joue gauche et le menton sont sillonnés par des arcs de cercle qui semblent véritablement dessinés au compas, et dont quelques-uns réunis, bout à bout, figurent comme une série d'arceaux. — Voyez enfin cette belle pièce, moulée sur une malade que noùs avions ces derniers mois dans nos salles. Elle vous présente, réunies comme à plaisir, les différentes variétés des syphilides papuleuses circinées, à savoir : ici, des papules admirablement cerclées; là, des lésions papuleuses très régulièrement annulaires; là encore des lésions de même forme à doubles anneaux concentriques (forme dite en cocarde) ; là enfin une papule rubanée qui se contourne sur ellemême en spirale, en hélice, en ammonites

Il arrive aussi parfois que plusieurs papules isolées se groupent les unes par rapport aux autres suivant le type cerclé. Vous en voyez un exemple sur cette quatrième malade, qui porte sur l'épaule un demi-cercle papuleux constitué par une série de papules juxtaposées à la façon des perles d'un collier.

V. — D'autres fois, il se fait un mode de groupement encore plus singulier, consistant en ceci :

D'une part, l'éruption se concentre sur un certain nombre de

1. Voyez comme exemple une pièce de ma collection particulière (n» 178).

2. Pièce déposée au musée de l'hôpital Saint-Louis. (Collection particulière, n» 10!2.) — Voyez aussi les pièces n" 173 et 222 de la môme collection.

292 SYPIIILIDES 1> A I>U LEUSES. — VARIÉTÉS.

points de l'enveloppe tcgumenlaire, dans une étendue comparable par exemple à la paume de la main;

D'autre part, elle se groupe en chacun de ces points autour d'une papule plus importante que toutes les autres, à la façon (pardonnez-moi cette comparaison ambitieuse) des planètes groupées autour du soleil qui leur sert de centre. Cette papule centrale dépasse toutes les papules satellites comme étendue de surface et comme intensité de coloration, et elle constitue véritablement le centre d'un foyer éruptif plus ou moins confluent. Ne me demandez pas le pourquoi de cette disposition bizarre, car je ne saurais que vous répondre. Toujours est-il que, si extraordinaire, si inattendu que soit ce mode de groupement éruptif, il se réalise quelquefois en clinique. De vieille date, il a été remarqué par divers auteurs qui l'ont comparé à l'inflorescence dite en corymhe. D'où le nom donné à l'éruption de syphilide papuleuse en corymbe.

Deux pièces déposées au iMusée de l'hôpital Saint-Louis* vous donneront une très juste idée de cette variété particulière.

VI. — Lorsqu'une papule se produit sur un pli cutané, elle se fendille souvent au niveau de ce pli et dégénère, là, en un sillon érosif, en une gerçure, en une crevasse qui suinte quelque peu ou se recouvre de petites croûtes. Cela s'observe communément aux commissures labiales, à l'aile du nez, au sillon mentonnier, à la jonction de la conque de l'oreille avec les téguments du crâne, etc.

Autre modification d'un genre différent, et celle-ci très intéressante parce qu'il s'y rattache un intérêt diagnostique véritable. Au niveau de l'aile du nez, dans le sillon naso-jugal, les éruptions papuleuses prennent parfois une physionomie toute particulière. Indépendamment de la papule (laquelle d'ailleurs peut être plus ou moins développée, plus ou moins apparente), il se produit, sur le trajet même du sillon cutané, une série de petites élevures grenues, comme verruqueuses ou papillaires. Ces sortes de végétations microscopiques sont sèches, grisâtres et squameuses; elles semblent constituées par une hypertrophie papillaire recouverte de lamelles épidermiques.

Page 1