‹ Leçons cliniques sur les affections chirurgicales de la vessie et de la prostate [electronic resource]Chapitre 110 sur 118 · Med. Rec, N.-Y., 24 juillet 1886, 1. WX, p · texte numérisé non relu

Med. Rec, N.-Y., 24 juillet 1886, 1. WX, p

LES PROSTATITES CHRONIQUES.

•vies d'uriner fréquentes, impérieuses, douloureuses. Ils ont tallribué à la proslalile des symptômes d'uréthrocystite conicomitante. Un symptôme important pour Tilden et Watson : serait l'impossibilité d'uriner sans attendre quelques minutes ; après que le besoin s'est fait sentir; ce qui rappelle ce > qu'on observe si ordinairement au cours de l'hypertrophie 1 prostatique.

! B. Les troubles de Xéjaculation sont plus réels et mieux définis. Celle-ci s'accompagne quelquefois de douleurs, d'une

: sensation de brûlure pouvant se prolonger pendant un temps plus ou moins long. Le sperme est quelquefois teinté de sang ce qui doit faire songer à une vésiculite concomitante.

C. Ordinairement le malade se plaint de quelques troubles locaux de la sensibilité. 11 a une sensation vague de pesanteur du côté du périnée et du rectum. Cette sensation peut devenir douloureuse et s'étendre à l'urèthre sous forme de brûlure pénible. Elle s'exagère et s'exaspère même par lia marche, la position assise prolongée et, surtout, par les secousses de la voiture.

D. En général, les fonctions génitales sont médiocres ; les ■ érections sont incomplètes; les malades éjaculent trèspromptement; c est à peine s'ils ont le temps de se Uvrer à Tintromission du pénis. Aussi se dégoutent-ils du coït. Je m'empresse de vous dire que ces troubles sont loin d'être constants . et que bien souvent ils paraissent tenir plutôt à l'individu

I qu'à l'affection dont il est atteint.

E. Les manifestations nerveuses et mentales sont variées,

II y a des douleurs lombaires, des fourmillements dans les membres inférieurs, de la difficulté à se tenir debout. Aussi la plupart de ces malades arrivent-ils à l'hypochondrie, non seulement à cause des sensations qu'ils éprouvent mais aussi à cause des appréhensions que leur cause l'avenir de leur puissance génitale. « Ils sont indolents, incapables de se livrer à un exercice mental ou physique. L'appétit se perd, la mémoire baisse^ Les sécrétions sont viciées ou suspendues-, il y a du mal de tête, des douleurs dorsales, de la dépression

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d'esprit plus ou moins marquée'. ,> On a décrit des douleurs franchement névralgiques, siégeant surtout au niveau de 1 articulation sacro-iliaque du sciatique, de la ré^^ion crurale antérieure, au sommet du coccyx. Les malades sont souvent hystériques, aisément inquiets, en éveil au moindre trouble, de système nerveux instable, émolionnables sans volonté l ' ■

Tel est le tableau clinique le plus souvent donné des symptômes fonctionnels delà prostatite chronique. Ce complexus symptomatique se rencontre-t-il dans tous les cas de prostatite chronique? Ceux qui le présentent sont-ils bien réellement atteints de l'affection quo nous étudions? Telles sont, Messieurs, les deux questions que je désire maintenant discuter avec vous, non pas en raisonnant d'après des opinions avancées, çà et là, par divers auteurs, mais en m'appuyant sur des faits rigoureusement observés.

Mon interne, M. Hartmann, a soumis à un examen systématique de la prostate 27 malades atteints d'uréthrite postérieure. Sur ces 27 malades, 10 avaient des lésions de la prostate, sensibles au toucher rectal (induration et augmentation partielle de volume, augmentation et induration totale). Or, sur ces 10 malades, reconnus anatomiquement atteints de prostatite chronique, 6 n avaient aucun symptôme fonctionnel, proportion considérable et sur laquelle je désire attirer toute votre attention.

D'autre part, j'ai fait depuis de longues années, mais sans pouvoir donner de chiffres, une constatation inverse, en reconnaissant, par le toucher rectal le plus attentif, qu'il n'y avait aucune lésion prostatique chez les malades qui se plaignaient de l'ensemble de troubles fonctionnels que l'on attribue à la prostatite chronique.

Nous constatons donc :

r Que des malades peuvent n'avoir aucun symptôme tra-

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