I. Duchamp, Lyon mùdicul, 1870, t. .\.\|, p. (j
SYMPTOMES FONCTIONNELS. 2S5
présentait des caractères évidents de malignité faciles à percevoir par rexploration direcle.
Si une évolution aussi lente s'observe pour des tumeurs de nature évidemment maligne, à plus forte raison les tumeurs bénignes peuvent- elles avoir une durée qui se compte par un grand nombre d'années. Le malade de notre observation YI, qui était atteint d'un papillome, avait remarqué les premiers symptômes onze ans auparavant, en 1874. lien était à peu près de même dans l'observation XII. Vous trouverez dans les auteurs un grand nombre de cas d'une durée tout aussi considérable. Quelquefois même, elle dépasse toutes les prévisions. C'est ainsi que lleim Yœgtlin, de Zurich S rapporte l'observation d'un malade qui avait eu sa première hématurie vingt-sept ans auparavant. En général cependant, la durée moyenne des papiliomes est beaucoup moins considérable ; elle paraît osciller entre 12 et 15 ans, bien qu'il ne puisse y avoir, on le conçoit, rien d'absolu dans ces sortes d'appréciations. J'ai eu encore, ces jours derniers, l'occasion de revoir un malade qui s'est présenté à mon observation pour la première fois en 1 872, pour des hématuries datant à cette époque de plus d'un an. Actuellement, bien qu'il ait la vessie littéralement remplie de papiliomes faciles à constater par l'exploration, il n'a presque plus d'hématuries ; cependant il est très affaibh, et il n'est pas probable qu'abandonné à lui-même il puisse vivre encore plus d'un an. Sa maladie n'en aura pas moins duré une quinzaine d'années.
Cette lenteur d'évolution peut-être utilisée pour le diagnostic Elle indique en général une tumeur bénigne^ un papillome. C'est en nous basant sur elle exclusivement que nous avons pu, sur les malades des observations VI et XII, faire un diagnostic exact avant l'opération. Elle ne saurait cependant permettre une affirmation sans réserve, puisqu'elle a été parfois constatée à l'occasion de tumeurs dites malignes, mais
i. Heim Yœgllin; Correspondenz Blatt fur Schweizer Aerzte, 1871), p. 388 Cl suiv.
TUMEURS DE LA VESSIE
elle donne des présomptions très sérieuses en faveur de la nature bénigne de l'affection. C'est assurément de la durée' bien plutôt que de l'intensité des symptômes, qu'il faut tenir compte pour établir ce diagnostic différentiel.