‹ Leçons cliniques sur les affections chirurgicales de la vessie et de la prostate [electronic resource]Chapitre 30 sur 118 · OPÉRATION PAR L'HYPOG ASTRE · texte numérisé non relu

OPÉRATION PAR L'HYPOG ASTRE

à ce moment qu'il serait difficile plus tard d'imprégner de la môme solution la surface de la plaie, sans en laisser couler dans la cavité de la vessie à laquelle ne conviennent pas les préparations phéniquées fortes.

Enfin, pour ouvrir la vessie^ je conseille d'y plonger résolument le bistouri et d'inciser du haut en bas d'un seul coup, dans toute l'étendue de la plaiejusqu'au pubis. L'index de la main gauche placé dans l'angle supérieur de l'incision appuie sur la face antérieure de la vessie, maintient le refoulement du cul-de-sac péritonéal et guide le bistouri que l'on appuie sur lui. J'ai déjà eu l'occasion de vous dire (voy. p. 6) qu'en procédant ainsi d'un seul coup à l'ouverture de la .vessie, au lieu de sectionner couche par couche, on se mettait à l'abri des hémorrhagies veineuses que déterminerait souvent une incision trop prudemment conduite. A peine ponctionnée, la vessie revient sur elle-même en chassant violemment, quelquefois sous forme d'un jet, le liquide qu'elle renferme. A ce liquide se mélange presque aussitôt, plus ou moins abondamment le sang que fournit la plaie vésicale. Cependant, sans se préoccuper de l'hémorrhagie, le chirurgien doit aussitôt se mettre en devoir de passer les fils suspenseurs de la vessie, qui lui permettront tout d'abord de s'assurer si la plaie vésicale ne présente aucun vaisseau dont la ligature soit nécessaire. Dans plusieurs observations, j'ai pu ainsi me rendre maître, avec la plus grande simplicité, d'une hémorrhagie artérielle de la paroi qu'il eût été fort difficile d'arrêter sans les fils suspenseurs. Mais ces derniers rendront encore un bien plus grand service au cours des manœuvres ultérieures, en permettant de tendre les parois de la vessie et d'attirer ainsi sous l'œil du chirurgien les régions les plus profondes de cet organe sur lesquelles s'implantent les néoplasmes. Les fils donnent une sécurité absolue et rendent on ne peut plus simples des manœuvres qui, sans eux, seraient Entourées des plus grandes difficultés. Je ne saurais donc trop ivement vous recommander leur emploi ; pour peu que l'opéalion soit difficile, j'ai même l'habitude de multiplier les fils

TDMEURS DE I.A VESSIE.

suspenseiirs. J'estime que pour conduire avec méthode la seconde partie de l'opération, c'est-à-direl'attaque delà tumeur ils ne sont pas moins utiles que le ballon de Petersen pour exécuter la première partie qui a pour objet l'ouverture de la vessie.

L'index gauche qui a guidé le bistouri l'a suivi dès qu'il a pénétré dans la vessie, il a aidé à en achever la section ou à la compléter dans sa partie inférieure avec des ciseaux ; il n'a pas quitté la vessie et va maintenant guider les fils conducteurs. Pour les placer à une distance suffisante de la lèvre de l'incision, il est nécessaire d'attirer la paroi vésicale avec l'index replié en crochet et de la saisir entre ce doigt et le pouce. Je me sers de fils de soie cirés, solides et assez gros pour ne . pas couper la paroi qu'il sont destinés à soulever. Ils sont préparés d'avance dans une aiguille courbe montée sur un porte-aiguille et préalablement immergée dans une solution phéniquée forte ; le chirurgien ayant bien saisi successivement chacune des lèvres de la paroi vésicale les traverse et s'en rend définitivement maître en formant une anse dont les deux extrémités sont rattachées par un nœud et confiées à un aide. Si on le juge utile, rien n'est plus facile que de placer de chaque côté deux anses au lieu d'une. Tenues légèrement tendues de dedans en dehors, elles maintiennent constamment béante l'ouverture de la vessie où peuvent s'engager sans aucune hésitation et avec la plus complète sécurité les doigts et les instruments; elles mettent à découvert les lèvres de la section où l'on a souvent, comme je viens de le dire, à lier des artérioles.

Avant de passer à la seconde partie de l'opération, c'està-dire à l'exploration et à l'ablation du néoplasme, il importe de retirer la sonde (\\\\ est restée jusqu'à ce moment dans le canal. Il est également nécessaire de dégonfler et môme d'enlever le ballon de Petersen ; il suffit le plus souvent de le dégonfler partiellement, on se ménage ainsi un support pour la paroi postérieure de la vessie. Rien de plus facile que de l'enlever entièrement si au cours de l'opération on a besoin de

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