‹ Leçons cliniques sur les affections chirurgicales de la vessie et de la prostate [electronic resource]Chapitre 33 sur 118 · OPÉRATION CHEZ LA FEMME · texte numérisé non relu

OPÉRATION CHEZ LA FEMME

ordinairement désigné en France, en raison de cette circonstance toute fortuite, sous le nom de dilatateur de Guyon et Duplay. Il offre l'avantage de produire un élargissement régulièrement progressif, allant de huit à vingt millimètres. Son application ne détermine qu'un saignement insignifiant et n'est pas habituellement suivie d'une incontinence durable. W Avant d'introduire cet instrument, il est utile de pratiquer, en deux ou trois points, sur le pourtour du méat, des débridements peu profonds, afin d'éviter les dilacérations du canal ou de malencontreuses déchirures. Ces débridements sont les analogues de ceux qu'on recommande de faire de chaque côté de la fourchette vulvaire, dans les accouchements, au moment du passage de la tête fœtale.

Lorsqu'on s'est ainsi frayé la voie, on procède comme le fait sir 'H. Thomson par la boutonnière périnéale chez rhomme, mais avec beaucoup plus de facihté. On explore d'abord la vessie avec le doigt, puis on pratique l'extirpation de la tumeur en employant l'un des procédés dont il vient d'être question. On termine en appliquant à demeure deux tubes accolés.

^ J'ai enlevé trois fois de cette manière (obs, V, VIII et IX) des tumeurs de la vessie chez la femme, et je dois dire que les manœuvres m'ont paru s'accomplir avec assez de facilité. Elles sont cependant infiniment moins régulières et satisfaisantes que celles qui se font chez l'homme par l'incision hypogastrique. Il peut même arriver que la dilatation uréthrale soit tout à fait insuffisante primitivement ou secondairement, soit parce qu'elle offre des conditions défectueuses pour l'extirpation, soit parce qu'elle n'assure qu'un repos très passager des fonctions vésicales. Au bout de très peu de temps, en effet , l'urèthre dilaté se resserre malgré l'application des tubes, la vessie recommence à subir les alternatives de dilatation et d'évacuation, elle se contracte et redevient douloureuse.

Aussi peut-on se demander si d'autres méthodes que la dilatation uréthrale ne conviendraient pas dans certains cas

TUMEURS DE LA VESSIE

particuliers. Je pense, en effet, que la taille vésico-vaginale et la section sus-pubienne ont leurs indications spéciales.

La taille vésico-var/hmle a pour elle une extrême facilité d'exécution. Il suffit d'introduire un cathéter cannelé dans la vessie; ce cathéter sert de conducteur et permet de pratiquer très simplement l'incision nécessaire. Elle offre l'avantage de permettre la création d'emblée d'une fistule permanente, qui est malheureusement, dans un trop grand nombre de cas, le seul but qu'on puisse raisonnablement poursuivre. Je n'hésiterais donc pas à y recourir dans un cas oij la recherche des signes physiques, par les divers moyens que nous avons si longuement étudiés, révélerait une tumeur sessile et infiltrée, et où je serais cependant conduit à agir sous la pression des symptômes. La section vésico-vaginale représente, en effet, la méthode de choix des opérations palliatives.

Si , au contraire , l'étude clinique permettait de supposer que le néoplasme fût susceptible d'une extirpation radicale , bien que laborieuse , le siège de cette incision serait assez peu favorablement disposé pour la manœuvre des instruments et surtout pour l'éclairage et l'examen minutieux de la cavité vésicale auquel j'attache une si grande importance. Alors, l'incision hypogastrique offrirait de bien plus sérieuses garanties.' J'ai déjà eu l'occasion d'insister trop longuement sur tous ses avantages pour vouloir ici les énumérer de nouveau. Ils seraient tout aussi précieux chez la femme que chez l'homme.

La section siis-pubimne de la vessie, chez la femme, n'offre qu'un seul inconvénient, c'est la difficulté de maintenir dans ce réservoir l'injection destinée à le rendre saillant à l'hypogastre. On ne peut, en effet, comme chez l'homme, s'opposer, par une ligature, à la 'sortie du liquide. Cette difficulté est toutefois loin d'être invincible, ainsi qu'en témoignent les opérations de taille sus-pubienne pratiquées chez la femme pour des calculs. D'abord, il y a des cas où le ballonnement rectal peut, à lui seul déterminer un changement de direction du canal uréthral apportant, à l'issue du liquide injecté, un

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