‹ Leçons cliniques sur les affections chirurgicales de la vessie et de la prostate [electronic resource]Chapitre 37 sur 118 · OBSERVATION XVIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVIII

Homme de 43 ans, atteint depuis douze ans d'hématuries caractéristiques et depuis deux ans de douleurs assez vives, pendant la miction et de difficultés qui nécessitèrent divers traitements, entre autres le port d'une sonde à demeure.

L'exploration directe absolument négative pour les reins, donnait, pour la vessie, des renseignements positifs. Il y avait, en effet, saignement abondant à la fin de l'évacuation par la sonde molle, et le toucher rectal permettait de constater une très notable augmentation de volume de la vessie sans bosselures de ses parois. La marche et les caractères de l'hématurie ne permettaient d'ailleurs aucun doute. La nature néoplasique et le siège vésical de la lésion étaient évidents.

Je fis la cystotomie sus-pubienne, le 18 décembre 1886, et je trouvai un néoplasme du volume d'un petit citron implanté sur la région pubienne de la face antérieure de la vessie, immédiatement au-dessus du col. Pour le voir et l'atteindre facilement je fus obligé de pratiquer à l'extrémité inférieure de l'incision abdominale deux débridements latéraux obliques.

L'incision en Y ainsi obtenue me créa un assez large passage et me permit d'enlever très facilement la tumeur qui se laissa pour ainsi dire énucléer en masse. Il s'agissait encore d'un épithélioma comme le fit voir l'examen ultérieur au microscope.

Les suites furent très simples et l'état général qui laissait beaucoup à désirer avant l'opération se releva très rapidement.

OBSERVATION XIX

Homme de 64 ans, opéré le 4 décembre 1886. La première hématurie ne datait que d'un an, elle avait été abondante et prolongée ;

APPENDICE

depuis, le malade n'avait pas cessé de perdre du sang sauf dans de courts intervalles de trois à quatre jours. Je le vis, il y a quatre mois, ayant conservé un assez bon état général et dans ces derniers temps il put obtenir une suspension de 2S jours dans l'hématurie. Mais elle se reproduisit avec plus de violence que jamais dans les premiers jours de novembre 1886. Lorsque je le revis, il était dans un état d'anémiation excessif et je lui conseillai l'opération; Elle fut bientôt rendue urgente par une rétention due aux caillots et par une excessive distension de là vessie qu'il était impossible d'évacuer. Dès qu'elle fut ouverte, on constata que celte distension était due à une accumulation de caillots énormes qui pesaient 600 gr. La tumeur était infiltrée dans presque tout le segment inférieur de la vessie et remarquablement dure. L'hémorrhagie fut immédiatement arrêtée et, le soir, les urines étaient à peine teintées, mais le malade épuisé succomba néanmoins dans la nuit. Il s'agissait d'un carcinome.

OBSERVATION XX

Femme de 45 ans, opérée le 2 novembre 1886. Début en 1882, par une hématurie qui fut assez abondante et dura plusieurs semaines. Depuis, hématuries fréquentes, mais peu abondantes, petits caillots, gouttelettes de sang en finissant d'uriner, légère coloration des urines. Je constatai, en 1884, une petite tumeur à l'entrée de la vessie, faisant obstacle au cathélérisme. Les accidents n'avaient pas augmenté, mais fatiguaient la malade par leur continuité lorsqu'elle vint se soumettre à l'opération.

L'étal général est resté très bon, il n'y a pas de troubles graves dans le fonctionnement de l'appareil urinaire. Cependant les mictions sont très fréquentes, souvent douloureuses, et parfois involontaires; elles exigent des efforts et ne vident cependant pas complètement la vessie. Le cathélérisme est toujours douloureux et difficile, il s'accompagne de saignement, les urines sont troubles. En raison de la situation de la tumeur, de son petit volume, j'opéi-ai par la voie urélrale. Il fut facile d'agir à l'entrée de la vessie, où se trouvaient accumulées un assez grand nombre de végétations molles, mais d'autres végétations analogues rencontrées au fond de sa cavité, vers les angles, nefurent queditïïcilement et incomplètement attaquées. Les suites furent simples; le cathélérisme est devenu très facile et non douloureux, le saignement minime et rare, mais les mictions sont restées fréquentes et surprennent quelquefois la malade dont la santé est d'ailleurs parfaite. L'examen microscopique a démontré que les végétations étaient myxomateuses.

TDMEDRS DE LA VESSIE

OBSERVATION XXI

Homme de 55 ans, opéré le 17 janvier 1887. Première hématurie il y a 3 ans; hématuries à peu près continues depuis deux ans, plus abondantes depuis huit mois. Pas de douleurs, rien d'anormal dans la miction, état général maintenu. L'exploration des reins est négative. Le calhétérisme évacuateur ne fournit pas de renseignements. Le loucher rectal combiné, pratiqué après l'évacuation totale de la vessie permet de reconnaître qu'elle déborde le pubis de deux travers de doigt et que son augmentation de volume est surtout appréciable à gauche. La paroi vésicale n'ofifre aucune bosselure et pas d'induration. Le cathétérisme explorateur ne donne pas de renseignements. C'est donc d'après le symptôme hématurie et l'augmentation de volume de la vessie que fut établi le diagnostic. L'opération fut faite en présence du D'' L. Labbé. La tumeur siège sur la face latérale gauche et empiète sur le basfond. Elle est très largement implantée, absolument sessile. Elle est lobée à sa surface à la façon d'un chou-fleur et d'un gris rosé. Ablation par excision, grattage, cautérisation. Suites immédiates des plus simples, le malade retourne dans son département à la fin de février dans le meilleur état. L'examen histologique confirme les présomptions fournies par l'examen opératoire; la tumeur était épithéliomateuse.

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