‹ Leçons cliniques sur les affections chirurgicales de la vessie et de la prostate [electronic resource]Chapitre 52 sur 118 · oyez Leçons cliniques, 2". édition, page · texte numérisé non relu

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DES CYSTITES.

autres les grandes espèces de cystite, d'après leur nature, nous les trouvons généralennent dans l'étude simultanée de l'éliologie, de l'anatomie pathologique et de la sym{)tomatologie. Quelquefois la note caractéristique revient à l'étiologie; il en est ainsi, par exemple des cystites cantharidienne,blennorrhagique, traumatique, a frigore. D'autres fois, c'est avant tout l'étude des lésions qui permet d'établir la distinction. Ce n'est pas que les lésions inflammatoires, considérées en ellesmêmes, offrent une manière d'être histologiqueou macroscopique différente, suivant les diverses espèces de cystites ; je veux dire seulement qu'une lésion autre que la cystite peut tenir celle-ci sous sa dépendance et lui servir en quelque sorte de substratum. C'est à ce point de vue que les cystites tuberculeuse et néoplasique, de même que celles des prostatiques ou des calculeux, méritent leur individualité nosologique. Dans tous ces cas, en effet, il existe une lésion : tubercule, tumeur, athérome artériel ou calcul, qui n'est pas la cystite, mais qui l'appelle, la retient et préside à ses destinées. La symptomalologie, contrairement à ce qui a lieu pour l'étiologie et l'anatomie pathologique, nous offre rarement la note fondamentale qui caractérise la nature de la cystite. Mais patiemment et méthodiquement interrogée, elle permet presque toujours d'arriver dIus ou moins directement à établir avec précision le diagnostic de variété et de forme de la maladie. Elle vous conduira même à la notion de sa nature, à la condition de ne plus se limiter à l'étude symptomatique de la cystite mais de comprendre également celle du malade.

C'est, en effet, le terrain morbide offert à la cystite qui modifie son évolution et lui imprime les caractères particuhers que la clinique nous apprend à reconnaître. C'est là qu'il faut chercher la notion de l'espèce et même celle de certaines variétés.

Aussi, dans l'étude particulière par laquelle je vais commencer, chercherai-je comment se comporte la cystite chez les blennorrhagiques, les tuberculeux, les calculeux, les rétrécis, les prostatiques, les cancéreux, les rénaux. Je consa-

DES CYSTITES.

crerai également une leçon à la cystite que Ton observe chez la femme et je vous montrerai quelle influence exercent sur la vessie les divers états de l'utérus pendant ou en dehors de la grossesse. J'aurai aussi, pour demeurer l'interprète de l'observation, à décrire des formes particulières qui se caractérisent soit par la prédominance d'un symptôme comme la cystite douloureuse par exemple, soit par celle d'une lésion comme la cystite membraneuse. Dans ces formes auxquelles il est légitime, comme je viens de le dire, de contester la qualité d'entités morbides, l'apparition et les conséquences d'une lésion particulière, la création et la persistance d'une manière d'être spéciale, dominent à ce point la symptomatologie et la thérapeutique, que nous laisserions une lacune des plus importantes dans notre tableau clinique, si nous ne leur accordions une place et une description particulière. Ce seront, si vous le voulez, des variétés de cystite, variétés que le clinicien doit connaître dans toutes leurs particularités, pour les bien diagnostiquer et les convenablement traiter.

C'est seulement après avoir défini aussi exactement que possible la physionomie morbide de l'inflammation vésicale chez ces diff"érentes catégories de malades que j'aborderai son étude générale. Je pourrai alors compléter la description, donner à l'étude des variétés la place qu'elles méritent et montrer sous quelles influences se dessinent les traits accessoires mais souvent importants du tableau morbide.

Au point de vue des espèces et pour être complet, j'aurais dû poursuivre cette étude chez les goutteux, les rhumatisants, les arthritiques, et chez les malades soumis à des influences toxiques ou infectieuses. Je ne doute pas de l'influence de la goutte et du rhumatisme sur k vessie, mais rien jusqu'à présent ne m'a permis de reconnaître celle de l'arthritisme. Je sais aussi l'intérêt qui s'attache aux manifestations des états infectieux sur l'appareil urinaire, mais la cystite n'y tient qu'une place restreinte. Je n'aurais rien h ajouter à l'histoire delà cystite canlharidienne. Désireux d'ailleurs, de ne vous parler que des faits dont je puis vous montrer chaque jour

CYSTITE BLENNORRHAGIQUE. (jlf)

des exemples, je m'en tiendrai à la description clinique des o-randes espèces que je viens de vous énumérer. C'est à propos de l'étude d'ensemble que j'aurai à vous dire ce que l'observation nous a appris au sujet de l'influence de la goutte et du rhumatisme. C'est aussi dans cette étude générale que j'aurai à vous parler des cas qui semblent n'avoir d'autre générateur qu'une cause purement occasionnelle comme le traumatisme, le froid, la retenue prolongée de l'urine. C'est alors enfin que je vous montrerai l'influence du degré de l'inflammation et de sa marche, de sa résistance au traitement sur la physionomie clinique de l'aff^ection et sur les indications qui en résultent. Vous ayant éclairés par l'étude faite sur les divers terrains morbides où la cystite a coutume d'évoluer chez nos malades, j'arriverai, je l'espère, à vous indiquer sans confusion et sans redites inutiles les traits si variés de l'aff^ection dont j'entreprends l'étude.

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