II. Lee. Loc. cit. (voy. p
CYSTfTE MEMBRANEUSE.
« profonde des lambeaux de la musculaire proprement dii,e « de la vessie, nous sommes d'avis qu'il s'agit bien d'une « exfoliation de toute la muqueuse de cet organe. »
Dans le fait de M. Dubar ', il s'agissait d'une femme de soixante-cinq ans, accusant depuis longtemps des douleurs hypogastriques et des difficultés de la miction. En dernier lieu étaient survenues des hématuries répétées. Elle mourut le lendemain de son entrée. A l'autopsie on trouva dans la vessie, baignant dans une urine purulente et infecte, une membrane que reliaient seulement aux parois quelques filaments peu résistants. Cette membrane, d'une couleur gris noirâtre, d'une épaisseur de 2 millimètres, se laissait difficilement déchirer. Elle représentait un sac presque complet, interrompu seulement au niveau du trigone et du sommet. Sa face externe offrait des saillies et des dépressions correspondant aux dépressions et saillies de la paroi vésicale. Sa face interne était unie, mais imprégnée de petits cristaux blancs jaunâtres, régulièrement distribués à sa surface. Quant à la vessie, elle était considérablement distendue, ses parois étaient épaisses et rigides, sa surface interne rougeâtre en certains points, noirâtre en d'autres et recouverte de détritus adhérents qui empêchaient d'en apprécier exactement les lésions. Les reins étaient fai'cis d'abcès miliaires.
La membrane examinée au microscope otïrait une couche superficielle composée de fines granulations sans trace d'épithélium, une couche moyenne formée d'un grand nombre de fibres de tissu conjonctif, de quelques fibres élastiques, enfin, de quelques vaisseaux contenant des hématies altérées, une couche profonde constituée par un nombre considérable de fibres musculaires lisses. La surface interne de la paroi vésicale était tapissée d'une couche de ces mêmes fibres musculaires.
La membrane représentait donc la totalité de la muqueuse doublée d'une partie de la tunique musculaire.
d. Diibar. Loc. cit. (voy. p. 837.)
854 DES CYSTITES..
Je n'ai pas craint de vous exposer avec beaucoup de détails les faits qui précèdent, car ils nn'ont permis de mettre sous vos yeux divers types de l'exfoliation de la vessie, depuis les simples lambeaux décrits par Dolbeau jusqu'aux sacs entiers recueillis par Henry Lee et Dubar et formés, dans un cas, par la muqueuse seule, dans l'autre, par la muqueuse doublée d'une partie de la musculeuse. Ces observations sont d'ailleurs particulièrement intéressantes, parce qu'elles ont été recueillies en dehors de la rétroversion de l'utérus gravide et de l'accouchement, ce qui paraît assez rare. Je n'ignore pas qu'on en a cité d'autres cas, en particulier ceux de Buchanam*, de Schrady^, deBosc^ de Liston S de Deneffe^de Lemaire\ dans lesquels la membrane rejetée par l'urèthre ou trouvée à l'autopsie offrait la forme d'un sac presque complet. Mais dans aucun de ces faits l'examen histologique n'a été pratiqué , et si quelques chirurgiens les ont considérés comme des exemples d'exfoliation , d'autres n'y ont vu que des fausses membranes. Toujours est-il que l'absence d'examen microscopique ne permet aucune affirmation.
La seconde catégorie des cas d'exfoliation vésicale est relative aux observations recueillies chez la femme^ soit à f occasion de la rétroversion de l! utérus gravide, soit à la suite dhm accouchement laborieux. Un point commun les rattache, c'est le fait de la présence plus ou moins prolongée dans le petit bassin d'une tumeur volumineuse capable d'exercer une compression énergique sur toutes les parties molles contenues dans l'excavation et particulièrement sur la vessie.
1. G, Buchanam de Glascow. Exfoliation of tke bladder {Brit. med. journal, 1871, t. II, 520.)
2. G. F. Schrady. Case of diphtérie cast of the bladder passed through aperineal opening. (Med. Record, New-York, 1884, l. XXV, p. 79.)