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GÉNÉRALITÉS : SYMPTOM ATOLOGIE.
ne me paraît pas sans gravité. Elle donne, en effet, le change sur la véritable situation. Si vous soumettez vos malades à une observation méthodique, en évitant d'attribuer à la cystite ce qui revient à ses complications, vous arriverez facilement, à l'exemple de mon ancien interne, M. le D^' Malherbe, de Nantes, à reconnaître que la cystite la plus intense, la plus douloureuse, reste toujours apyrétique. Voyez les sujets atteints de cystite blennorrhagique suraiguë, voyez les calculeux qui spontanément ou après une litholritie incomplète ont parfois des poussées de cystite si cruelles, ils sont et ils restent indemnes de tout mouvement fébrile, tant que les lésions inflammatoires sont limitées à la vessie.
11 est cependant vrai qu'on peut observer des malades atteints de cystite et qui offrent une température élevée, continue ou par accès, avec tout un ensemble d'accidents généraux. Il en existe même en ce moment plusieurs exemples dans nos salles, mais si vous étudiez attentivement ces malades,vous ne tarderez pas à reconnaître qu'indépendamment de leur cystite, ils ont une inflammation aiguë ou chronique des reins. La chnique vous otïre les moyens d'établir ce diagnostic pendant la vie et l'autopsie vous montre malheureusement trop souvent que les lésions n'étaient pas limitées à la vessie. La fièvre dans la cystite est donc presque toujours l'expression de l'extension de l'inflammation aux reins. C'est une complication et non un phénomène propre à cette affection et liée à son évolution in situ.
Je vous présentais tout à l'heure les pièces d'un malade qui est venu succomber dans notre service avec une élévation considérable de la température. A l'autopsie, nous avons trouvé dans la vessie une série de très graves lésions. Mais les reins étaient aussi le siège d'une inflammation très aiguë.
D'ailleurs, la fièvre qu'on peut observer au coui s d'une cystite est une fièvre à marche particulière, une fièvre qui procède par accès comme la fièvre urineuse du deuxième type
{. Voy. Leçons cliniques, 2" édit. p. 4!)4 et siiiv.
DES CYSTITES.
c'est-à-dire celle qui est sous la dépendance de lésions rénales aiguës ; cette fièvre est absolument comparable par sa courbe thermométrique à celle des malades qui ont de la néphrite sans cystite. Pourquoi dès lors attribuer à la cystite un état fébrile qui fait toujours défaut quand il est certain que les reins sont indemnes, quelles que soient du reste l'intensité et la gravité des lésions vésicales.
Je dois ajouter pourtant que ce n'est pas toujours à des complications rénales que doit être rapportée la fièvre qu'on observe au cours d'une poussée de cystite. Une péricystite intense accompagnée d'abcès interstitiels peut donner lieu à une élévation de la température.
Mais cette dernière catégorie de cas est exceptionnelle et vous pouvez admettre comme un fait absolument démontré que les cystites les plus intenses évoluent sans s'accompagner de fièvre et que toutes les fois qu'il survient de la fièvre au cours d'une cystite, elle est l'indice d'une complication, presque toujours d'une complication rénale.
Il en est de même des autres symptômes généraux. On peut assurément observer pendant le cours d'une cystite un certain retentissement sur l'économie, de l'inappétence, de la soif, de l'abattement. Mais pour peu que la réaction dépasse ces limites et surtout qu'elle s'accompagne de fièvre, vous pouvez être certains qu'il existe une complication qu'il s'agit de démasquer et de combattre sans retard.
Je dois, puisque je vous parle de complications, ajouter un mot à propos de la rétention d'urine. On l'attribue dans bien des cas à la cystite dont elle serait la conséquence et non la cause. Il est, en effet, possible que la cystite ouvre la marche des accidents. Je vous ai montré par exemple que la rétention pouvait apparaître au cours de la cystite blennorrhagique. Que l'incomplète évacuation de la vessie soit cause ou effet, c'est d'ailleurs un point sur lequel votre attention doit être sans cesse en éveil lorsque vous dirigez le traitement d'une cystite.
La marche^ la durée et le pronostic des cystites sont essentiel-