ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU PIED BOT CONGÉNITAL
importantes concernent la tête et le col de cet os. La tête atrophiée est déjetée en dehors; le col est allongé du côté externe, raccourci du côté interne, de sorte que la tête a, par rapport au reste de l’os, une direction beaucoup plus oblique qu’à l’état normal.
La tête et le corps forment un angle ouvert en dedans, comme vous pouvez le voir sur ces pièces que j’ai empruntées au musée Dupuytren (1).
D’après Parker, chez le nouveau-né, l’obliquité de la tête sur le corps de l’astragale répond à un angle de 38° ; chez l’adulte, l’angle est de 10°, 15; dans le pied bot, il représente un angle de 49°, 6 à 64°. Scudder (de Boston) (2) a repris ces mensurations, et a trouvé, sur vingt-trois adulles, l’angle de la tête sur le col mesurant 13°, 98; sur 11 fœtus, il mesurait 33°, 52; sur deux pieds bots de fœtus, 50°, 50. En tenant compte des recherches de Parker et deShattock, il arrive aux moyennes suivantes : adultes, 12°, 32; fœtus, 35°, 76 ; pieds bols, 50°, 05.
En un mot, dans le pied bot, l’obliquité de la tête sur le corps de l’astragale est considérablement accrue ; il y a là une disposition qui s’écarte de celle qu’on voit chez l’adulte, pour serapprocher de ce qui existe chez le fœtus.
Le calcanéum, de son côté, est infléchi sur lui-même, son apophyse postérieure est relevée et amincie. Le scaphoïde est peu modifié dans sa forme, mais il est fortement déplacé ; il est devenu vertical. Le cuboïde est subluxé sur le calcanéum ; parfois il est très augmenté de volume.
Les os de la jambe eux-mêmes peuvent participer à la déformation; ils présentent parfois une torsion de haut
(1) Pièces n1 2 03 544, 545, 551, 552 et 553.
(2) Scudcler, Pied bot équin varus congénital ( Boston med. and sur g.
Journal, 27 octobre et 3 novembre 1887).
DU PIED BOT CONGÉNITAL
en bas et de dedans en dehors, très visible en particulier sur deux pièces du musée Dupuytren, dues à P. Broca et à Guersant.
Sous l’influence de la marche, les déformations osseuses s’accentuent, ainsi qu’on peut le constater chez l’enfant au bout d’un an ou deux, et chez l’adulte.
Généralement les muscles, les vaisseaux et les nerfs sont sains ; il n’y a pas de transformation fibreuse des muscles; la dégénérescence graisseuse observée dans certains cas n’est que secondaire. En dehors des déformations osseuses, l’obstacle au redressement ne vient donc pas des muscles, mais des tendons, et aussi des ligaments. William Parker, en disséquant certains pieds bots irréductibles, dit avoir constaté que, la peau et les muscles étant enlevés, la difformité était encore impossible à réduire. Pour lui, la difficulté de réduction, en pareil cas, tient aux ligaments astragalo-scaphoïdiens.
Les symptômes du pied bot varus équin congénital sont bien connus. Le pied est enroulé sur lui-même, en rotation sur son axe antéro-postérieur et en adduction par rapport à l’axe de la jambe, de telle sorte que la face plantaire regarde en dedans, et que le bord interne du pied est dirigé en haut; le talon est élevé et atrophié. Enfin, dans certains cas extrêmement marqués de la difformité, il y a un renversement complet de l’organe autour de son axe antéro-postérieur, de sorte que c’est la face dorsale qui repose sur le sol.
Sur le bord interne du pied, à l’union de la première avec la deuxième rangée des os du tarse, se voit un pli vertical répondant à l’angle de flexion de l’avant-pied sur barrière-pied; en outre, chez certains malades, la face plantaire elle-même est divisée en deux moitiés par un sillon longitudinal antéro-postérieur. La peau, au niveau