‹ Leçons cliniques sur les maladies de l'appareil locomoteurChapitre 110 sur 156 · TRAITEMENT PAR LES RÉSECTIONS OSSEUSES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT PAR LES RÉSECTIONS OSSEUSES

Thorens (1); mais son opéré fut atteint de pourriture d’hôpital, à laquelle il succomba. En 1874, BaviesColley pratiqua de nouveau cette opération; mais, cette fois, avec les précautions antiseptiques, et il réussit parfaitement. Depuis lors, l’opération a été faite un assez grand nombre de fois.

Une autre opération entreprise dans le même but, c’est l’extirpation de l’astragale pratiquée par Lund, en 1872 ; le cas est même tout particulièrement intéressant, en ce qu’au dernier Congrès de l’Association médicale anglaise, tenu à Glasgow en 1878, Lund a donné des nouvelles de son opéré, qui reste parfaitement guéri, seize ans après l’opération. Depuis lors, le chirurgien anglais a eu de nombreux imitateurs; en 1880, Eug. Bceckel (de Strasbourg) entre autres, a fait sur ce point une communication fort intéressante à la Société de chirurgie(2).

Actuellement, la lutte est ouverte entre deux procédés, le redressement forcé sous le chloroforme d’une part, et de l’autre, les sections osseuses. En général, les orthopédistes ne se montrent pas favorables aux résections osseuses ; M. J. Guérin, en France, les a combattues devant l’Académie de médecine (3). Aux Congrès allemands de chirurgie de 1885, 1886, 1888, des orthopédistes, tels que Wolff, Krauss, Graser, etc., ont défendu la ténotomie et le redressement brusque. Enfin, sans combattre les résections osseuses, M. Trélat, à la Société de chirurgie, en 1887, a montré quels avantages on pouvait retirer des procédés de redressement lents et continus, notamment au moyen de l’appareil à traction

(1) Thorens, Documents pour servir à l'histoire du pied bot varus congénital, thèse de doct. de Paris, 1873, p. 149.

(2) Eug. Bœckel, Traitement des pieds bots invétérés par U extirpation de l'astragale (Bull, et Mém. Soc. dechir ., 18 avril 1883, p. 325).

(3) Bull. Ac. de médecine , 2e série, t. XI, n° 37, 1883.

DU PIED BOT

élastique qu’il a fait construire dans ce but par M. Collin (1).

Il est encore deux procédés dont je dois vous entretenir ici, parce qu’ils contribuent à rendre beaucoup plus efficaces la ténotomie et les manœuvres de redressement brusque; et par là même, semblent devoir augmenter le champ réservé à ces interventions opératoires, aux dépens des résections osseuses. Ce sont :

\° Le redressement immédiat après la ténotomie.

2° La section à ciel ouvert des parties molles, aponévroses, tendons et ligaments, qui s’opposent au redressement.

Il était de règle jusque dans ces derniers temps, et c’est encore aujourd’hui la règle suivie par beaucoup d’orthopédistes, d’abandonner le pied à sa position vicieuse immédiatement après la ténotomie. On le laissait ainsi pendant quatre ou cinq jours, et c’est alors seulement qu’on commençait le redressement lent au moyen du massage et des appareils. Le but que l’on se proposait en agissant ainsi, c’était de laisser à la petite plaie cutanée le temps de se cicatriser. Un commencement de cicatrisation se produisait aussi entre les deux extrémités du tendon sectionné, et, avant que cette cicatrice ne fût encore complètement solide, on agissait sur elle par des tractions, dans le but de la distendre et d’obtenir 1’allongement du tendon. Mais une pareille lenteur n’est pas nécessaire, et l’on peut Irès bien commencer le redressement, immédiatement après la ténotomie. Cette question a été dernièrement étudiée par MM. Howard Marsh (2) et Walsham (3). Ce dernier auteur divise en

(1) Bull, et Mém. Soc. de chir., d8 mai 1887, p, 324.

(2) Howard Marsh, The Lahcet , 18 février 1888.

(3) Walsham, Ibid., 19 mai 4888.

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