PROCÉDÉ DE PHELPS
son opération, et comme celle-ci avait été imitée par MM. Post et Higston (de Montréal), il possédait un total de dix-huit opérations ayant donné des résultats satisfaisants.
L’auteur s’appuie, pour conseiller cette pratique, sur les dissections de Sayre, de Little et d’Adams qui semblent montrer que l’équin varus est dû à une rétraction primitive des parties molles, amenant un déplacement secondaire des os, avec déformation osseuse ou non. Déjà nous avons cité les recherches de William Parker et de Shattock, qui ont constaté que, dans certains cas, après la section des muscles et des tendons, les ligaments opposaient encore un obstacle très sérieux au redressement; aussi ont-ils conseillé la section de ces ligaments. Du reste l’idée n’est pas absolument nouvelle; on la trouve déjà formulée dans la médecine opératoire, de Velpeau; et Streckeisen (de Zurich) a conseillé la section sous-cutanée des ligaments.
D’ailleurs, Phelps n’est pas exclusif ; il reconnaît luimême que, dans certains cas, la section des parties molles peut être insuffisante, et qu’il est alors nécessaire d’y joindre, soit la section du col de l’astragale, soit une tarsotomie cunéiforme faite sur le bord externe du pied. Chez un de ses malades, il a dû joindre à son opération la section du col de l’astragale.
Depuis que Phelps a fait connaître sa méthode, elle s’est rapidement généralisée. Un grand nombre de chirurgiens ont rapporté des succès dus à son emploi ; nous citerons, par exemple, Shaffer (1) et Bradford (2). Et ce n’est pas seulement en Amérique, mais aussi à l’étranger *
(1) Shaffer, The treatment of club foot by open incision ( New-York med. Journal, 31 décembre 1887).
(2) Bradford, Cases of open incision in Wry Neck, Contracted Knee and Tulipes Varus (The Boston med. and sur g . Journal) 22 mars 1888).
DU PIED BOT
que Phelps a trouvé des imitateurs. A Hambourg, Phillipson (:t) a eu recours à la même méthode. Le docteur Lévy, de Copenhague (2), a fait connaître neufobservations qui lui ont donné des résultats excellents; de son côté, le Dr Kapteyn (3) rapporte trois opérations qui lui ont fourni trois succès. La thèse de Noyon (4) nous apprend que Tilanus(d’Àmsterdam) a adopté l’opération de Phelps ; il l’a pratiquée vingt fois sur des sujets de seize mois à douze ans. La plupart de ces malades avaient subi déjà sans résultat une opération (ténotomie ou excision cunéiforme). D’après Tilanus, la section des parties molles suffit presque toujours à procurer le redressement. Dans trois cas seulement, il a fallu y ajouter la résection cunéiforme ou la section du col de l’astragale. La crainte de voir l’opération de Phelps être bientôt suivie de récidive ne se justifie pas, dit l’auteur, si le traitement consécutif est conduit avec soin. Enfin, à la clinique de Volkmann, l’opération de Phelps s’est entièrement substituée à la ténotomie du jambier postérieur et à la résection cunéiforme du tarse, ainsi que nous l’apprend un récent travail de Btingner (5). Depuis 1884, cette opération a été faite vingt et une fois à la clinique de Halle, sur des malades dont l’âge variait de quatre mois à quinze ans. Ilne s?est jamais produit la plus petite complication opératoire, et le résultat définitif a toujours été excellent.
Nous n’avons pas laprétention d’avoir été complet dans cette énumération des chirurgiens qui ont fait connaître des succès dus à la méthode de Phelps. Nous avons voulu
(1) Phillipson, Archiv für Klin. Chir., Band 32, s. 989.
(2) Lévy (de Copenhague), Centralb. für Orthop, chir., mai 1888.
(3) Centralblatt für orthopœd. chir., octobre 1888.
(4) J. Noyon, Dissertation inaugurale, Amsterdam; et Centralb. für Chir., 1889^ n° 22.
(b) Btingner, Uberdie Behandlung des angeborenen Klumpfusses in der Volkmann'schen Klinik zu Halle (Centralb. für chir., 1889, n° 24).