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PIED BOT CONSÉCUTIF A UNE MYOSITE

nous quitta le 25 octobre, elle appuyait sur le sol par toute l’étendue de la plante du pied.

L’inflammation des muscles, au lieu d’être la conséquence d’une inflammation de voisinage, peut aussi être primitive; en d’autres termes, il peut y avoir une myosite primitive, qui devienne elle-même la cause d’un pied bot. Vous en avez eu un exemple des plus curieux chez un jeune homme qui était couché au n° 20 de notre salle Saint-Landry. Le pied bot équin dont il était atteint était consécutif à une myosite du jumeau interne. Mais ce qui rend ce fait plus intéressant encore, c’est que ce jeune homme était un hémophile, et que, chez lui, la section du tendon d’Achille a déterminé des complic ationsformidables qui nous ont inspiré les plus vives inquiétudes, et ont mis notre malade à deux doigts de sa perte. A cause de l’intérêt exceptionnel que présente ce fait, je vous demande la permission de vous le rapporter avec détails.

D... (Léon), âgé de dix-neuf ans, exerçant la profession de jardinier, est entré dans notre service, le 20 décembre 1888, pour un pied bot équin du côté droit. L’histoire de ce malade est la suivante : depuis l’âge de trois ans, il est sujet à de fréquentes attaques de rhumatisme articulaire, qui se sont montrées successivement sur toutes les articulations, et qui, à certains moments, se sont reproduites tous les quinze jours. De plus, il a manifesté, depuis de longues années déjà, des tendances à l’hémophilie. Il est sujet à de fréquentes épistaxis ; il est à noter que son père, qui est mort d’accident, était lui-même sujet à des saignements de nez abondants. Dans sa première enfance, notre malade a eu sur le nez un abcès furonculeux qui est devenu le point de départ d’une hémorrhagie très considérable, n’ayant cédé qu’à la cautérisation. A l’âge de neuf ou dix ans, l’extraction d’une

Kirmfsson. — Leçons. 32

DU PIED BOT ACQUIS

dent amena chez lui une hémorrhagie grave. Depuis lors, il a assez fréquemment des hémorrhagies dentaires, qui surviennent sans traumatisme, sans cause apparente, mais qui sont habituellement peu abondantes. C’est aussi vers l’âge de neuf à dix ans que ce jeune homme a uriné pour la première fois du sang. Depuis lors, l’hématurie s’est répétée à trois ou quatre reprises différentes, toujours sans cause appréciable, et pendant huit ou dix jours. Enfin en 1885, trois ans environ avant son entrée à l’hôpital, notre malade présenta, en dehors de toute cause apparente, contusion ou effort ayant pu entraîner une rupture musculaire, un volumineux épanchement sanguin dans l’épaisseur du muscle jumeau interne, qui fut diagnostiqué comme tel par son médecin. Et la preuve qu’il s’agissait bien là d’un épanchement sanguin, c’est qu’une vaste ecchymose fit son apparition au côté interne du genou et au niveau du mollet, et passa par toutes les teintes que revêtent habituellement les épanchements sanguins avant leur entière résorption. Cet accident retint le malade au lit pendant deux mois, et lorsqu’il se leva, la marche était chez lui devenue difficile ; le talon ne pouvait plus appuyer sur le sol. 11 est bien évident que l’hématome survenu dans l’épaisseur du jumeau interneavait déterminé d’abord l’inflammation du muscle, puis consécutivement sa rélraclion fibreuse. De là, la position d'équinisme prise par le pied.

Au moment où le malade nous fut présenté, le talon restait écarté du sol de 4 à 5 centimètres pendant la marche et dans la station. La diathèse hémophilique, dont l’existence était si avérée chez le malade par suite des antécédents quejevousai signalés, me fit tout d’abord hésiter beaucoup à intervenir contre son pied bot. Toutefois considérant qu’il s’agissait ici d’une opération de

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