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DIAGNOSTIC ENTRE LE PIED BOT CONGÉNITAL ET ACQUIS

température; les membres sont le plus souvent froids et violacés ; ils se couvrent d’une sueur abondante pendant l’exploration. Ce sont encore des maux perforants, des ulcérations trophiques, qui ont été bien étudiées dans ces derniers temps, en particulier par M. le Dr Nepveu, sur des malades du service du professeur Verneuil.

M. Lannelongue qui, dans sa thèse d’agrégation de 1869, a bien établi le diagnostic différentiel entre le pied bot congénital et le pied bot acquis, insiste encore sur l’existence de 'lésions articulaires ét osseuses beaucoup plus prononcées dans le premier genre que dans le second , lalaxitédu pied au niveau désarticulations tibio-tarsienne et médio-tarsienne contrastant avec la rigidité articulaire souvent très grande dans le pied bot congénital. Mais s’il est facile de réduire les pieds bots paralytiques, à cause de la laxité des articulations, le rétablissement de la fonction est plus difficile à obtenir dans le pied bot acquis que dans le pied bot congénital, à cause de l’existence des lésions musculaires.

Un autre élément de diagnostic est celui qui se tire de ce fait que, si la lésion est double, elle est habituellement de même sens aux deux pieds dans le pied bot congénital, tandis que, dans le pied bot acquis, chacun des deux pieds peut présenter une déformation de sens différent, par exemple, un équin varus d’un côté, et un valgus du côté opposé. Enfin, on peut rencontrer sur d’autres points du corps des lésions qui permettent de rattacher le pied bot à sa véritable origine. Sous ce rapport, l’un des malades dont je vous ai parlé à propos du pied bot paralytique, nous offre un exemple intéressant : chez ce jeune homme, en effet, nous trouvons, en même temps qu’un pied creux équin du côté droit, une atrophie très marquée de l’épaule du même côté, surtout sur le del-

DU PIED BOT ACQUIS

toïde et le biceps . Il est évident que chez lui, la paralysie infantile a porté son action en même temps sur le renflement lombaire et sur le renflement cervical de la moelle ; et cette circonstance, en dehors de toute autre, eût été de nature à éclairer notre diagnostic, si nous avions eu des doutes au sujet de la variété de pied bot à laquelle nous avions affaire.

Les considérations qui président au traitement du pied bot acquis sont bien différentes de celles qui nous guident dans la thérapeutique du pied bot congénital. Déjà nous nous sommes montrés disposés à faire une place très minime aux différents procédés d’ostéotomie dans le traitement du pied bot congénital. Dans le pied bot paralytique, il faut être encore beaucoup plus sobre d’opérations osseuses. En effet, plusieurs groupes de muscles étant frappés de paralysie, on s’expose, après l’ostéotomie, à obtenir un pied ballant. Si l’on enlève l’astragale, par exemple, on remet le pied dans une bonne position; mais, les muscles de la partie antérieure de la jambe étant paralysés, le pied retombe. Il faut donc surtout s’adresser, dans le traitement du pied bot paralytique, aux moyens capables de rétablir la fonction musculaire (électricité, massages, douches locales) ou de remplacer les muscles paralysés (appareils). Lorsque les groupes musculaires antagonistes s’opposent par leur rétraction au redressement, la ténotomie devient nécessaire : les opérations sur les os ne me paraissent devoir être admises que comme de très rares exceptions.

Les indications dans le traitement du pied bot hystérique ne sont pas encore établies d’une manière définitive ; mais, les récents travaux de M. le professeur Charcot ont démontré qu’il valait mieux s’abstenir de tout traitement chirurgical pendant la période de con-

TRAITEMENT

Iracture aiguë. Si l’on intervient à ce moment par des tentatives de réduction, le redressement brusque, la ténotomie, l’intervention semble donner un coup de fouet à la maladie générale, et l’aggrave. Au contraire, si l’on attend que la période aiguë soit passée, que la contracture soit calmée et ait fait place à une véritable rétraction musculaire, on peut pratiquer alors la ténotomie et corriger la déformation. Vous trouverez d’ailleurs l’exposé de la question dans un mémoire sur ce sujet inspiré par le professeur Charcot, et communiqué à la Société de Chirurgie, en 1888, par notre collègue, M. Terrillon.

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