‹ Leçons cliniques sur les maladies de l'appareil locomoteurChapitre 14 sur 156 · SYPHILIS HÉRÉDITAIRE ; SYPHILIS INFANTILE · texte numérisé non relu

SYPHILIS HÉRÉDITAIRE ; SYPHILIS INFANTILE

succombé en bas âge; deux seuls étaient vivants, la malade qui nous occupe actuellement, et un second enfant dont la santé avait toujours été parfaite. Mais vous remarquerez que ce second enfant indemne de syphilis était né neuf ans après l’autre. Vous retrouvez donc ici la formidable mortalité qui sévit sur les enfants dans les familles infectées par la syphilis.

Chez notre malade, d’innombrables cicatrices disséminées sur les différents points du corps traduisaient l’existence d’ulcérations antérieures. Deux gommes ulcérées se voyaient encore, l’une à la partie antérieure de la jambe gauche, visible sur la figure que vous avez sous les yeux ; l’autre à la partie supérieure et interne de la jambe droite, et qui n’est pas visible sur notre

SYPHILIS OSSEUSE HÉRÉDITAIRE

dessin, où le membre inférieur droit est représenté de profil. Quant aux déformations des tibias, elles sont absolument caractéristiques, et beaucoup plus considérables que chez les deux malades précédents. A droite, le tibia présente dans ses deux tiers supérieurs une forme arquée très manifeste ; et sur cette crête tibiale ainsi bombée en avant, on pouvait reconnaître trois bosselures très prononcées, dont la plus volumineuse occupait la partie moyenne de l’os, et les deux autres sa moitié inférieure. Du côté gauche, la forme arquée du tibia est encore plus manifeste ; comme à droite, l’extrémité inférieure du tibia contraste par son volume avec l’extrémité supérieure, qui est moins développée. Les deux os sont le siège d’une hyperostose considérable. Chez cette jeune fille, du reste, les lésions osseuses n’étaient pas confinées aux membres inférieurs; les membres supérieurs y participaient également, comme vous le montre ce second dessin (voyez fig. 4).

Vous y pouvez remarquer que les deux avant-bras sont le siège de déformations considérables. A droite, vous y verrez une double tumeur, siégeant, l’une à la partie supérieure du cubitus, l’autre à la partie inférieure du radius. L’existence de ces deux tumeurs donnait à l’avant-bras l’apparence d’une courbure sigmoïde, courbure ou plutôt déformation qui se corrigeait en partie par les mouvements de demi-pronation et de demi-supination, et qui était, au contraire, plus marquée dans les mouvements de pronation et de supination complète. A gauche, la tuméfaction du cubitus porte sur la partie moyenne de l’os. On voyait en outre, à la face postérieure de l’olécrane, une cicatrice adhérente, trace d’une fistule ancienne, qui avait donné passage à plusieurs esquilles. Joignez à cela que la malade était atteinte d’une

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