‹ Leçons cliniques sur les maladies de l'appareil locomoteurChapitre 4 sur 156 · DES PORTES D’ENTRÉE DE LA MALADIE · texte numérisé non relu

DES PORTES D’ENTRÉE DE LA MALADIE

Kocher a incriminé la voie digestive, qui paraît peu probable à Lannelongue, à Rodet et à Kraske. Ce dernier auteur a observé un cas favorable à l’intoxication par la voie pulmonaire. La mort a été causée, dans ce fait, par des complications pulmonaires, et on a pu retrouver le staphylococcus dans le poumon et dans les ganglions bronchiques.

Dans ce même mémoire (Congrès allemand de chirurgie, 1886), Kraske rapporte un fait observé par lui, dans lequel une ostéomyélite mortelle est venue d’un furopcle des lèvres. L’opinion de la pénétration du microbe par une plaie extérieure a été soutenue par Lannelongue, dont les doctrines sont défendues par Camps et Ayala, ses élèves. Souvent, en effet, avant l’éclosion de l’ostéomyélite, il a existé une solution de continuité du derme ou des muqueuses.

A cet égard, nous possédons deux faits fort intéressants; ce sont nos deux cas d’ostéomyélites du radius. Dans l’un, le malade s’était enfoncé dans la paume de la main un éclat de bois qui ne put être retiré. Il n’y eut d’abord ni douleur, ni rougeur. Mais, au bout de quinze jours, le malade accusa de la sensibilité et delà pesanteur dans le poignet, le gonflement survint. En même temps, éclatèrent du délire et une fièvre intense qui se prolongèrent pendant un mois environ, et aboutirent à la formation d’un abcès. Chez le second malade, celui même dont nous avons rapporté l’histoire au début de cette leçon, la succession des faits est encore plus nette. Chez lui, en effet, il existait, au début, une ampoule à l’index, qui est devenue la porte d’entrée de la matière septique. De là, un panaris, puis une lymphangite de la main et du poignet, et finalement une ostéomyélite de l’extrémité inférieure du radius. Il semble bien que,

OSTÉITE DE DÉVELOPPEMENT.

dans ce cas, la pénétration se soit faite par la voie lymphatique.

Symptômes et marche. — Ostéomyélite aiguë , ostéomyélite prolongée ; ostéomyélite chronique d'emblée. — Nous n’avons pas l’intention de retracer ici la symptomatologie complète de l’ostéite de développement. Nous rappellerons seulement qu’à côté de faits analogues à ceux que nous avons déjà cités, et dans lesquels les symptômes généraux affectent une grande gravité, se caractérisant par une fièvre violente avec fréquence extrême du pouls, délire, état typhoïde, il en est d’autres où les symptômes généraux sont beaucoup plus atténués. Les phénomènes locaux, douleur, tuméfaction, rougeur, sont alors les seuls qui attirent l’attention, et l’ostéite de développement peut être confondue avec un phlegmon simple.

La marche est, du reste, extrêmement variable. Elle nous offre tons les degrés, depuis les cas suraigüs jusqu’aux cas les plus bénins et même chroniques d’emblée. Quoiqu’il en soit, rien n’est plus rare que la restitutio ad integrum. Très fréquemment, on observe le passage à l’état chronique. Cette dernière forme est particulièrement intéressante à étudier.

Il est tout un groupe d’affections osseuses chroniques chez l’adulte, hyperostoses, nécroses, abcès des os, dont l’origine est demeurée pendant longtemps fort obscure. On faisait à tort ostéite chronique synonyme de scrofule, et l’on s’étonnait de ne rencontrer, chez certains malades, aucuns commémoratifs, aucuns symptômes concomitants, qui pussent être mis sur le compte de la diathèse lymphatique ou scrofuleuse. 11 est en effet une grande division à établir parmi les ostéites chroniques. Si les unes sont d’origine manifestement scrofuleuse,

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