KYSTE HYDATIQUE DE LA PAROI ABDOMINALE
précédemment à Beaujon, nous eût-elle permis d’éviter l’erreur.
Nous avons été plus heureux dans notre second fait, celui que vous avez encore actuellement sous les yeux. Ici l’analyse rigoureuse des symptômes nous a permis de reconnaître la véritable nature delà tumeur. îl s’agit d’une jeune fille de vingt-trois ans, domestique, qui est entrée, le 26 juillet 1889, dans notre service, où elle est couchée au n° 11 de la salle Notre-Dame. Réglée à quatorze ans, elle l’a toujours été régulièrement depuis cette époque.
Cependant elle raconte qu’il y a un peu plus d’un an, au mois de juin 1888, elle a eu une métrorrhagie extrêmement abondante, qui se prolongea pendant deux mois. Peut-être s’est-il agi là d’une fausse couche? La malade .s’en trouva tellement affaiblie qu’elle dut garder le lit jusqu’au mois de mai de la présente année.
C’est au début de cette métrorrhagie qu’elle s’est aperçue de la présence, dans le côté gauche de l’abdomen, d’une grosseur qui, à celte époque, avait atteint le volume d’une noix environ. Cette tumeur était très fixe et ne roulait pas du tout sous le doigt. Elle siégeait à deux travers de doigt environ au-dessous de l’ombilic et à gauche de la ligne médiane. Elle a continué à augmenter graduellement de volume ; cependant la malade pense que, depuis quatre mois, elle esta peu près stationnaire.
Actuellement, on sent dans la région du flanc gauche une tumeur qui fait une saillie très appréciable sous les iéguments. Elle remonte jusque dans Lhypochondre, mais ne descend pas dans la fosse iliaque. Lorsque les parois abdominales sont relâchées, on arrive à insinuer la main entre l’extrémité supérieure de la tumeur et les fausses côtes; en avant, elle déborde un peu la ligne blanche; en arrière, elle proémine jusque dans la fosse
lombaire et peut être saisie entre une main placée dans la région des lombes et une autre main appliquée sur la face antérieure de la tumeur. En un mot, on peut la circonscrire de toutes parts, et reconnaître qu’elle présente un volume égalant au moins celui des deux poings réunis. Elle est très mobile, et subit des mouvements de bascule assez étendus. Lorsque la malade fait effort pour s’asseoir, on sent le grand droit antérieur de l’abdomen contracté qui fait saillie au-devant delà tumeur; celle-ci devient en même temps complètement immobile. La consistance de la tumeur est rénitente; il y a même une véritable fluctuation, mais semblable à celle que donne une poche très tendue. A la percussion, on trouve de la matité dans toute la zone répondant au siège de la tumeur.
Le toucher vaginal permet de reconnaître un utérus petit, parfaitement mobile; le petit bassin est complètement libre; la tumeur n’affecte donc aucune connexion avec les organes pelviens. D’autre part, les rapports de cette tumeur avec la région lombaire ont attiré notre attention du côté des reins; or, de ce côté non plus, nous n’avons rien constaté d’anormal. La miction n’est nullement troublée; la malade n’a jamais uriné ni sang ni pus. Les urines ont été conservées en totalité pendant plusieurs jours, et nous avons pu nous assurer que cette femme rend, dans les vingt-quatre heures, 1500 grammes environ d’une urine parfaitement claire, ne renfermant ni sucre, ni albumine.
En résumé, nous nous trouvions en présence d’une tumeur qui s’était développée sans amener d’altération de la santé générale, sans retentir en quoique ce soit sur les grandes fonctions de l’économie. Vu son siège dans le flanc gauche, on aurait pu penser à une tumeur de la rate ou du rein. Mais déjà nous avons fait remarquer que