‹ Leçons cliniques sur les maladies de l'appareil locomoteurChapitre 42 sur 156 · INFLUENCE DU TRAUMATISME · texte numérisé non relu

INFLUENCE DU TRAUMATISME

montrée une complication assez fréquente en pareil cas. Je veux parler d’une éruption d’urticaire, qui était encore très abondante le lendemain, quand nous vîmes la malade, mais qui, au bout de quarante-huit heures, avait complètement disparu. Pendant les premiers jours qui suivirent la ponction, le kyste parut s’être affaissé complètement, et la malade accusa une sensation de soulagement. Mais, au bout de quelques jours, il devint évident que du liquide s’était de nouveau amassé dans la poche. Aujourd’hui, 10 août, malgré tous nos conseils, la malade veut absolument quitter l’hôpital. C’est là une circonstance bien fâcheuse, qui nous empêchera de suivre l’évolution de ce cas, qui eût été doublement intéressante, au point devue de l’histoire des kystes hydatiques en général, et de leur traitement par les injections de sublimé, question, comme vous le savez, actuellement à l’ordre du jour.

Loin de moi la pensée de reprendre, à propos des deux faits précédents, toute l’histoire des kystes hydatiques. Je me bornerai à vous rappeler qu’il existe actuellement dans la science bon nombre d’observations qui démontrent l’influence d’un traumatisme antérieur sur le développement de ces kystes. Ce point particulier a même été l’objet d’une thèse, soutenue en 1879 par M. J. Danlos (1). Moi-même, j’ai publié un cas démonstratif à cet égard ; il s’agissait d’un volumineux kyste du foie, qui avait fait son apparition peu de temps après que le malade avait reçu, à l’épigastre, un violent coup de pied de cheval (2). Nos deux malades ont été interrogées à ce point de vue; le traumatisme ne paraît avoir exercé

(1) J. Danlos, De l'influence du traumatisme accidentel considéré comme cause occasionnelle des kystes hydatiques en général. Thèse de doct. y Paris, 1879.

(2) Archives gènèr. de médecine , novembre 1883.

chez elles aucune influence sur le développement de leurs tumeurs.

Il est un autre point dans l’histoire des deux kystes que nous avons observés, qui mérite notre attention ; je veux parler de l’éruption d’urticaire qui s’est montrée chez notre seconde malade. C’est là un fait qui a été souvent signalé et dont la pathogénie a exercé la sagacité des observateurs. On l’a attribué, soit à une action réflexe, dépendant du système nerveux, soit à une véritable intoxication produite par l’absorption du liquide hydatique. Dans ces derniers temps, M. Debove (1), et après lui, son élève M. Achard (2) ont appelé l’attention sur cette question, et se sont efforcés de démontrer que l’urticaire et divers autres accidents qui peuvent se produire à la suite de la ponction, sont à mettre sur le compte de l’absorption du liquide des kystes hydatiques.

D’un autre côté, les expériences faites sur les animaux, celles que nous avons publiées en particulier (3), ont montré que le liquide des kystes bydatiques, à l’état de pureté, ne possédait pas les propriétés septiques qu’on lui avait quelquefois attribuées, qu’il n’était pas capable, par exemple, de déterminer les accidents de péritonite qu’on a observés quelquefois à la suite de la ponction. Mais, de ce que ce liquide ne possède pas de propriétés septiques, il ne s’ensuit pas nécessairement qu’il ne puisse, dans certaines circonstances et sous l’influence d’altérations spéciales, donner naissance à des accidents, et en particulier à des éruptions ortiées. Sous ce rapport, les

(1) Debove, De la 'pathogénie de Vurtieaire hydatique. C. R. Acad, des ■sciences , 19 novembre 1887 ; et De V intoxication hydatique. Bullet. et Mém. Soc. méd. des hôpitaux , 9 mars 1888.

(2) Achard, De V intoxication hydatique. Archiv. gêner. de médecine, octobre et novembre 1888.

(3) Kirmisson, Gaz. hebd. de méd. et de chirur ., p. 819; et Arch. gén. de médecine , novembre 1883.

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