‹ Leçons cliniques sur les maladies de l'appareil locomoteurChapitre 43 sur 156 · DIFFICULTÉ DU DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIFFICULTÉ DU DIAGNOSTIC

recherches qui ont été communiquées à l’Académie des sciences par MM. Mourson et Schlagdenhauffen sont d’un grand intérêt (1). Ces auteurs ont constamment rencontré, dans le contenu des kystes hydatiques du mouton, des ptomaïnes en quantité variable. Il est permis de penser que c’est à l’absorption de ces ptomaïnes que sont dues les éruptions d’urticaire qui se montrent quelquefois chez les malades à la suite de la ponction.

Revenons enfin, en terminant, sur la queslion du diagnostic des kystes hydatiques des muscles. Nous ne voulons pas certes plaider les circonstances atténuantes, à propos de l’erreur de diagnostic dont nous nous sommes rendus coupables. Si souvent déjà pareille erreur a été commise qu’elle est devenue pour ainsi dire classique, et si nous dressions la liste des chirurgiens qui, avant nous, sont tombés dans la même faute, nous aurions la consolation de nous trouver en nombreuse et illustre société. Mais ce que nous désirons, c’est rechercher avec vous les circonstances qui ont élé causes de notre erreur, et surtout celles qui nous auraient permis de l’éviter, afin de vous prémunir contre de semblables méprises.

La fine lobulation que nous avions constatée à la surface de la tumeur nous a fait conclure à l’existence d’un lipome, alors que cette lobulation était due simplement à la présence des lobules graisseux du tissu conjonctif au devant de la tumeur. Nous aurions dû tenir compte de l’ensemble des caractères, et, en particulier, de l’adhérence profonde de la tumeur. Sans doute il existe des lipomes sous-aponévrotiques ; mais les lipomes sous-

(1) J. Mourson et F. Schlagdenhauffen, Nouvelles recherches cliniques. etc., C.R. Ac. des sciences} 30 octobre 1882, t. XCV, p. 791.

cutanés, beaucoup plus fréquents, sont d’ordinaire parfaitement mobiles et dépourvus d’adhérence. Nous aurions dû surtout, du moment où il y avait doute dans notre esprit, pratiquer une ponction exploratrice. Quoi qu’il en soit, Messieurs, vous vous rappellerez qu’au nombre des tumeurs des muscles, les kystes hydatiques comptent parmi les plus fréquentes, et vous ne devrez jamais manquer de les faire entrer en ligne de compte dans la discussion d’un diagnostic. Et ne croyez pas que ce soit là une question de peu d’intérêt; qu’il importe peu en réalité qu’on ait affaire à un lipome ou à un kyste hydatique. Quand on se trouve en présence d’un produit pathologique autre que celui qu’on s’attendait à rencontrer, on éprouve souvent une surprise désagréable, l’opération mal préparée est imparfaitement exécutée. Tant il est vrai qu’en chirurgie l’exactitude du diagnostic et la discussion soigneuse des indications et contre-indications opératoires sont toujours les bases fondamentales du succès.

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