‹ Leçons cliniques sur les maladies de l'appareil locomoteurChapitre 47 sur 156 · COMPLICATIONS DU TORTICOLIS OSSEUX · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS DU TORTICOLIS OSSEUX

décrit, ne sont pas rares et déterminent parfois une compression de la moelle rapidement mortelle. Cetle compression se fait, soit par glissement de l’atlas en avant de l’axis, soit par luxation de l’apophyse odontoïde dans le canal vertébral. Dans ce dernier cas, la mort est subite; et Sédillot en rapporte un exemple frappant, celui d’un soldat qui mourut subitement pendant son transport à l’hôpital. Malgaigne fait remarquer que, dans le glissement de l’allas sur l’axis, le pronostic est beaucoup moins funeste, la moelle s’habituant à la compression lentement produite. La mort peut encore être la conséquence des paralysies causées par la pachyméningite ; elle peut succéder à la suppuration des lésions, ou même à des hémorrhagies causées par l’ulcération des artères vertébrales. Mais le tableau n’est pas toujours aussi noir, et le pronostic n’est pas nécessairement fatal. La guérison par ankylosé est possible, témoin le fait de Cloquet, où toute une moitié de l’atlas manquait, et où la fusion s’était faite entre l’axis et l’occipital. Des faits analogues ont été recueillis par Daubenton et par Paget.

C’est cetle ankylosé que nous devons nous efforcer de produire par l’immobilisation. Mais, avant d’immobiliser la tête, il faut la remettre dans sa situation normale. Toutefois les tentatives de réduction doivent être faites avec les plus grandes précautions, la mort subite pouvant être déterminée par des manoeuvres intempestives, surtout quand il existe déjà une subluxation des vertèbres. Dans ce dernier cas, les avis sont partagés ; les uns conseillant d’intervenir, tandis que les autres préfèrent l’abstention. Cependant le beau fait de Tessier rapporté par Bonnet (1) est bien dénaturé à encourager lestenta-

(I) Bonnet, Traité des maladies des articulations , t. II, p. 545.

DU TORTICOLIS

tives de réduction. Mais il est évident que, dans ces cas, c’est à la réduction lente et progressive au moyen des appareils que l’on aura exclusivement recours. Outre les appareils de contention ordinaires, désignés sous les noms de colliers et de minerves, on peut aussi se servir de l’extension continue conseillée par le professeur Lannelongue.

Chez notre jeune malade, le redressement de la tête sera facilement obtenu sous le chloroforme ; la contention sera maintenue à l’aide d’un appareil plâtré immobilisant le cou et prenant point d’appui, d’une part, sur la région occipito-frontale, d’autre part sur les épaules et le thorax.

A propos de notre seconde malade, je n’ai pas l’intention de vous faire l’histoire complète du torticolis musculaire, mais je ne puis passer sous silence l’étiologie de cette affection, question particulièrement digne d’intérêt. Cette déformation se montre au moment de la naissance, ou bien elle apparaît plus tard; d’où la distinction en torticolis congénital et acquis. Il est toujours très difficile de savoir si la lésion s’est manifestée pendant la vie intra-utérine, comme cela se voit pour le pied-bot, ou si l’application du forceps, un accouchement par le siège, n’ont pas déterminé une lésion musculaire du sterno-mastoïdien. Cette dernière opinion, défendue par Stromeyer et Dieffenbach, en Allemagne, sous le nom de torticolis obstétrical , a été acceptée en France par Blachez.

Elle a été combattue, en 1884, par Pétersen (I). Ce chirurgien nie la rupture musculaire et fait observer

(1) Pétersen, Caput obstipum, Archivfür klin. chir. BandXXX, Heft 4.

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