‹ Leçons cliniques sur les maladies de l'appareil locomoteurChapitre 50 sur 156 · FRÉQUENCE · texte numérisé non relu

FRÉQUENCE

offrant en un mot tous les caractères de l'acné syphilitique. Enfin on apprend qu’il y a vingt ans, étant au Mexique, il a eu un chancre au niveau du filet du gland, chancre dont la cicatrisation a mis un mois et demi à se faire. Toutes ces raisons nous ont fait admettre que nous sommes ici en présence d’une ostéopériostile syphilitique de la clavicule.

Du reste, vous n’ignorez pas, Messieurs, que la clavicule est un des os le plus souvent atteints par la syphilis. C’est, en effet, un os superficiel, comme le tibia, comme la crête cubitale; et la diathèse syphilitique se localise souvent sur ces saillies osseuses superficielles, sans doute parce qu’elles sont exposées à de fréquents traumatismes, qui appellent les déterminations locales chez les sujets présentant un état diathésique. Vous en avez eu dernièrement un exemple chez une vieille femme, venue nous demander une consultation pour une ostéopériostite syphilitique de l’extrémité supérieure du cubitus gauche. De pareilles localisations ne sont pas rares, au niveau de la crête tranchante représentée par le bord externe de l’humérus dans sa partie inférieure.

Quoi qu’il en soit, la clavicule peut présenter les diverses formes de déterminations syphilitiques que l’on observe en général du côté des os. On y peut voir des tumeurs molles commeles gommes, ou bien dures comme les exostoses ; on y rencontre aussi des ostéo-périostites plus ou moins diffuses, pouvant aboutir à la suppuration et à la nécrose. Dans une thèse consacrée à l’étude des gommes syphilitiques sous-cutanées, M. Basset (1) cite une observation de tumeur gommeuse de la clavicule. 11 y est dit : « La malade porte immédiatement au-des-

(1) Basset, Étude sur les gommes syphilitiques sous-cutanées , thèse de doctorat, Paris, 1884, n° 326.

264 OSTÉO-PÉRIOSTITE SYPHILITIQUE DE LA CLAVICULE.

sous de la clavicule gauche, à la partie externe et moyenne, une gomme énorme, ulcérée, profonde, à bords indurés, taillés à pic, un peu décollés; le fond de l’ulcère gommeux est occupé par un bourbillon irrégulier, jaunâtre, d’aspect purulent. L’ouverture est parfaitement circulaire. Tout autour existe une zone rouge, offrant un certain gonflement. Au niveau de l’ulcération, la clavicule est dénudée dans une étendue assez considérable-, 2 centimètres au moins. »

Je vous ai rapporté cette description, parce qu’elle donne une idée exacte des gommes ulcérées de la clavicule.

Dans la thèse de M. Chevalier (1), vous trouverez un exemple d’exostose syphilitique de la clavicule. Quant aux ostéo-périostites pouvant se terminer par suppuration et par nécrose, je me rappelle, pour ma part, avoir vu, il y a quelques années, dans le service de mon ami M. Bouilly, une femme portant une nécrose de la clavicule avec fracture du même os; l’extrémité nécrosée faisait saillie à travers la peau. L’observation a, du reste, été publiée (2). Nicod, Erichsen, ont rapporté des cas semblables. En 1886, M. Gillette a présenté à la Société de chirurgie une pièce provenant d’un malade auquel il avait pratiqué la résection sous-périostée des trois quarts externes de la clavicule droite pour une nécrose syphilitique de cet os (3).

Un des points intéressants chez notre malade, c’est l’existence d’une fracture surajoutée à sa tumeur. Ce n’est pas là, d’ailleurs, une complication exceptionnelle, car elle se retrouve, comme nous le dirons bientôt,

(1) Chevalier, Recherches sur les tumeurs de la clavicule , thèse de doct. Paris, 1873.

(2) Gazette médicale , 1884, p. 610.

(3) Bidletins et mém. Soc. de chir., 3 février 4886, p. 89.

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