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COMPLICATIONS DU COTÉ DES NERFS

raie, c’est le nerf circonflexe. On se rend aisément compte de cette complication, si l’on réfléchit à la manière dont ce nerf est enroulé autour du col de l’humérus. Sa paralysie entraîne une impotence du deltoïde qui rend très difficile le rétablissement des fonctions à la suite des luxations de l’épaule. Signalons enfin, à titre de complication exceptionnelle, l’issue de la tête humérale déplacée à travers la peau. J’ai pu en observer un exemple, en 1876, à Lariboisière, dans le service de mon maître, M. Panas, sur une vieille femme qui avait été victime d’un accident de voilure. La résection de la tête humérale fut pratiquée; mais la malade ne tarda pas à succomber aux lésions multiples dont elle était atteinte.

Si j’ai tenu à vous énumérer les différentes complications qui peuvent se montrer en même temps que les luxations de l’épaule, c’est parce que les circonstances nous mettent aujourd’hui même sous les yeux un exemple rare et intéressant d’une de ces complications.

Le 5 avril dernier, entrait dans notre service un cocher, homme de quarante-huit ans, actuellement couché au n° 7 de notre salle Saint-Landry. Le jour même de son entrée, le cheval qu’il conduisait s’étant emporté, cet homme a été précipité de son siège et s’est fait une double lésion de la jambe gauche et de l’épaule droite. Le lendemain, 6 avril, on constate, au moment de la visite, tous les symptômes d’une luxation intra-coracoïdienne ; en même temps on était frappé de l’existence d’un gonflement énorme du membre supérieur avec refroidissement et absence du pouls, qui fit admettre la probabilité d’une lésion vasculaire importante. Du côté de la jambe gauche, il existait une fracture de Dupuytren avec déjettement du pied en dehors, et petite plaie au

Kirmisson. — Leçons. 18

LUXATIONS DE L’ÉPAULE

niveau du tibia. Le malade fut endormi, la fracture fut réduite, la plaie pansée antisepliquement avec la gaze iodoformée, et le membre posé dans une gouttière plâtrée. On fit aussi quelques tentatives de réduction de la luxation; mais notre chef de clinique, M. Rocliard, ne jugea pas prudent de pousser très loin ces tentatives, vu l’existence évidente d’une lésion vasculaire importante, et la luxation ne fut point réduite. Quelques jours après, je repris mon service, et je pus constater l’état suivant : le membre était dans une abduction légère, le coude écarté du tronc; si l’on prolongeait par en haut l’axe de l’humérus, on voyait qu’au lieu de passer par l’articulation scapulo-liumérale, il venait couper la clavicule à l’union de son tiers externe avec son tiers moyen; la tête pouvait être sentie sur la paroi antérieure de l’aisselle, débordant l’apophyse coracoïde par la plus grande partie de son étendue. Dans ce cas particulier, la rer cherche de la tête humérale par la cavité axillaire était impossible, tant était considérable le gonflement. Pour la même raison, on ne perçoit pas l’existence d’une dépression au-dessous de l’acromion. Pendant les mouvements de rotation imprimés à la tête humérale, on sent se produire une grosse crépitation, dénotant l’existence d’une fracture des tubérosités humérales. Mais ce qui attire surtout l’attention, dans ce cas particulier, c’est l’existence d’un énorme gonflement de l’aisselle et du moignon de l’épaule. Un épanchement sanguin considérable soulevait la paroi antérieure de Faisselle et se propageait le long de la paroi thoracique j usqu’au-dessous de la crête iliaque, traduisant sa présence par un gonflement énorme et par une ecchymose noirâtre, surtout marquée dans les parties déclives. D’autre part, l’épanchement sanguin gagnait le moignon de l’épaule et la

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