ANKYLOSE RECTILIGNE DU COUDE
Que se passa-t-il alors, c’est ce qu’il ne nous est pas possible de préciser. Toujours est-il que le résultat de cette nouvelle intervention n’a pas été favorable, car les mouvements du membre ne se sont pas rétablis.
Aujourd’hui le membre supérieur droit est dans une position intermédiaire entre l’extension et la flexion complète. Le malade ne peut arriver à élendre complètement l’avant-bras sur le bras; le maximum de flexion qu’il puisse réaliser ne dépasse pas 150 degrés.
L’amplitude des mouvements qu’il imprime à son articulation ne mesure pas plus de 15 à 20 degrés.
Vu par sa face antérieure, le coude présente une déformation évidente, qu’on pourrait appeler déformation en baïonnette, c’est-àdire que l’extrémité inférieure du bras semble portée en dedans, tandis que l’avant-bras est déjeté en dehors, et à l’union des deux segments du membre supérieur, existe un angle très marqué en dehors (voyez fig. 9). Au côté interne du coude, on voit une saillie considérable constituée par l’épitrochlée beaucoup plus saillante qu’à l’état normal. Immédiatement en dehors de cette saillie anormale, constituée par l’épitrochlée, se dessine au-dessous des téguments une grosse tuméfaction osseuse appartenant à la trochlée elle-même très
'’ig. 9. — Ankylosé rectiligne du coude.
ANKYLOSE DU COUDE DROIT
notablement augmentée de volume, par suite d’une fracture ayant porté à son niveau. La pression exercée sur cette saillie osseuse est particulièrement douloureuse, sans doute à cause du soulèvement du nerf médian, qui se trouve comprimé entre le doigt et la tuméfaction osseuse sous-jacente.
Au côté externe, l’épicondyle caché au fond d’une dépression des parties molles est difficilement reconnaissable. Au contraire, la cupule radiale fait une saillie anormale ; elle est subluxée en dehors.
Il existe dans le coude des mouvements anormaux de latéralité, qui se passent surtout au niveau de l’articulation huméro-radiale, ainsi qu’on en juge d’après l’écartement qu’on peut produire entre la tête du radius et le condyle huméral.
L’avant-bras est dans une position intermédiaire entre la pronation et la supination, et, du reste, les mouvements de pronation et de supination du membre ne sont nullement entravés. L’olécrane est sensiblement dans ses rapports normaux avec l’épitrochlée et l’épicondyle. Les fonctions de la main sont entièrement conservées. J’ajoute que l’état général de l’enfant est excellent, ce qui n’est pas sans importance au point de vue de la possibilité d’une intervention opératoire.
Le diagnostic, dans le cas actuel, comprend deux points différents. Il faut tout d’abord se faire une idée exacte de l’état de la jointure que nous avons sous les yeux; puis nous devons, autant que possible, remonter à la cause première des accidenls.
Pour ce qui est de l’état actuel, il est bien évident que nous avons affaire à une ankylosé, et à une ankylosé dans une position vicieuse. Il y a, en effet, au point de vue du pronostic, une grande différence à établir, suivant que