‹ Leçons cliniques sur les maladies de l'appareil locomoteurChapitre 69 sur 156 · VINGT-TROISIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

VINGT-TROISIÈME LEÇON

PARALYSIE RADIALE

Conditions anatomiques rendant compte de la fréquence des paralysies radiales. — Paralysies radiales liées aux fractures de l’humérus. — Paralysies par compression. — Discussion au sujet des prétendues paralysies radiales a frigore; ce sont en réalité des paralysies par compression. — Observation clinique à l’appui de cette opinion. — Diagnostic avec la paralysie saturnine.

Au nombre des paralysies portant uniquement sur le membre supérieur, les paralysies motrices sont les plus fréquentes; et, parmi elles, ce sont les paralysies radiales qui sont le plus souvent observées. La cause en est dans la disposition anatomique de ce nerf qui, après s’être détaché de la partie postérieure du plexus brachial en compagnie du nerf circonflexe, vient se placer dans la gouttière de torsion de l’humérus, qu’il suit de haut en bas et d’arrière en avant, immédiatement appliqué sur Vos, contre lequel il peut être refoulé par une violence extérieure. De là, pour lui, l’origine de plus d’une paralysie.

Au nombre des paralysies radiales dignes de fixer l’attention du chirurgien, nous devons citer tout d’abord celles qui sont liées aux fractures de l’humérus, et qui, dureste, peuvent reconnaître deux mécanismes différents. Dans un certain groupe de cas, en effet, ce sont les fragments eux-mêmes qui déterminentla blessure du nerf au moment de l’accident; dans d’autres faits, au contraire, la paralysie ne se produit que plus tard, sous

Kirmisson. — Leçons. 21

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l’influence de l’irritation ou de la compression du nerf par un cal exubérant. Dès l’année 1863, M. Ollier fit une opération destinée à dégager le nerf radial comprimé par un cal de fracture ; cette opération eut d’ailleurs un plein succès. Depuis lors, bon nombre d’opérations semblables ont été pratiquées par divers chirurgiens, entre autres MM. Trélat, Le Fort, Terrier, Polaillon. J’eus la bonne fortune d’assister M. Terrier dans son opération, et je me rappelle que ce chirurgien dut faire sauter avec la gouge et le maillet un pont osseux de 3 à 4 millimètres de hauteur qui étranglait le nerf radial dans la gouttière de torsion. Cette paralysie du radial liée aux fractures de l’humérus a, du reste, été l’objet d’un mémoire de la part de M. Mondan (1); vous trouverez aussi des renseignements intéressants à cet égard dans la thèse de M. Boularan, qui renferme trois observations inédites, celles de MM. Le Fort, Polaillon et Terrier (2). Il est fort intéressant, vous le comprenez, d’avoir l’attention éveillée sur la possibilité de cette complication des fractures de l’humérus, soit pour la constater immédiatement après l’accident, soit pour s’efforcer, par une bonne réduction et l’application exacte d’un appareil contentif, d’en éviter la production.

A côté des paralysies liées aux fractures de l’humérus, nous devons signaler les paralysies radiales par compression, celles, par exemple, qui sont dues à la compression des béquilles, chez des malades dont la portion axillaire des béquilles est insuffisamment rembourrée, ou bien vient presser sur la face postéro-interne du bras, au lieu de répondre à la cavité axillaire. De

(1) Mondan, Revue de chirurgie, mars 1884, p. 196.

(2) Boularan, De la compression des nerfs du membre supérieur à la suite des fractures , thèse de doct., Paris, 1884, n° 93.

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