‹ Leçons cliniques sur les maladies de l'appareil locomoteurChapitre 7 sur 156 · DEUXIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

DEUXIÈME LEÇON

DE L’OSTÉOMYÉLITE J UXT A-É PI PHYS AI R E DE L’EXTRÉMITÉ INFÉRIEURE DU FÉMUR

Sa fréquence, ses dangers. — Propagation de l’inflammation à l’articulation du genou, ankylosé. — Ulcérations de l’artère poplitée, hémorrhagies graves. — Localisation de la maladie à la face postérieure du fémur, ses causes. — Indications relatives au traitement.

Dans les deux cas où nous sommes intervenus contre les suites d’une ostéite de développement, vous m’avez vu pratiqner deux opérations différentes. Chez le jeune garçon atteint d’ostéomyélite de l’extrémité inférieure du radius, j’ai pratiqué le débridement des trajets fîstuleux, évidé l’os et enlevé un séquestre. Chez l’homme qui souffrait d’une ostéite à forme névralgique, liée à une hyperostose de l’extrémité inférieure du fémur, j’ai eu recours à la trépanation. Aujourd’hui encore nous allons intervenir contre les résultats de l’ostéomyélite prolongée. La maladie siégeant à l’extrémité inférieure du fémur nous fournira une excellente occasion de parler de cette localisation si fréquente de l’ostéomyélite.

Il s’agit d’un garçon de vingt-cinq ans, actuellement porteur d’une ankylosé du genou droit dans une flexion très prononcée. Bien portant jusqu’à l’âge de seize ans, ce jeune homme vint alors à Paris, où il se plaça comme garçon marchand de vins. Au bout de cinq à six mois, étant tombé gravement malade, il entre à l’Hôtel-Dieu où, pendant un mois, il présente de violents maux de tête,

une fièvre intense, du délire avec perte de connaissance; nul doute qu’il n’ait eu à ce moment une fièvre typhoïde. Au sortir de cet état, il ressentit des douleurs dans le genou gauche: au bout de deux mois, un abcès se produisit au niveau de ce genou. Quelques mois plus tard (le malade avait alors dix-septanset demi), il ressentit des douleurs dans l’avant-bras et le poignet gauches ; des suppurations se montrèrent en ces points. Plus tard encore, à dix-neuf ans, le malade eut de nouvelles suppurations sur les parties latérales du thorax et à l’angle de la mâchoire inférieure du côté droit. Revenu à Paris en mai 1887, il recommence à souffrir; cette fois, les douleurs occupent le genou droit, où se forme un abcès; enfin, depuis quatre à cinq mois, ce genou est fléchi et ankylosé dans son attitude vicieuse.

Actuellement notre malade porte sur différents points du corps des cicatrices qui sont la trace des suppurations multiples que nous venons de signaler. Au genou droit notamment, on voit une cicatrice adhérente au niveau du condyle interne, et une autre au niveau de la tête du péroné. Le genou est fléchi à 110° environ. La rotule est très peu mobile; il reste quelques mouvements de flexion très peu marqués dans l’articulation. En outre, l’extrémité supérieure du tibia présente une déformation particulière, autrefois signalée par Sonnenburg, et dont j’ai déjà rencontré plusieurs exemples. Il s’agit d’une flexion dans le cartilage épiphysaire du tibia, qui donne à l’extrémité supérieure de cet os une apparence arquée, et pourrait en imposer pour une subluxation du tibia en arrière. Je n’insiste pas d’ailleurs sur cette difformité, à laquelle je me propose de consacrer bientôt une de nos leçons.

Le diagnostic ne paraît pas douteux; il n’existe en

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