PROCÉDÉ DE DIDOT MODIFIÉ
deux incisions longitudinales nous avons fait tomber de chaque côté deux incisions perpendiculaires, et nous avons ainsi obtenu un large lambeau quadrilatère, qui est resté adhérent à la face dorsale de l’annulaire. Nous avions donc ainsi trois lambeaux : un petit lambeau palmaire adhérent au petit doigt, un second petit lambeau palmaire adhérent au doigt médius, et un grand lambeau dorsal adhérent à l’annulaire. Après avoir terminé la taille des lambeaux, nous nous sommes occupés d’isoler les trois doigts réunis. Ainsi que nous l’avions prévu, il existait au niveau des dernières phalanges une fusion osseuse qui a dû être détruite avec la pince de Liston. Dans tout le reste de leur étendue, les doigts n’étaient réunis que par des adhérences celluleuses lâches qui furent aisément détruites avec le bistouri. Le dernier temps de l’opération a consisté dans la suture des lambeaux. Il nous a été tout de suite facile de nous convaincre que la peau que nous avions à notre disposition n’était pas suffisante pour recouvrir entièrement les trois doigts. Toutefois, nous avons pu envelopper en totalité de tégument le petit doigt; sur le médius, il est resté une petite étendue de surface cruentée à découvert. Quant à la face palmaire de l’annulaire, elle est demeurée en totalité dénudée. Néanmoins, nous avons rapproché autant que possible les lèvres des incisions cutanées à l’aide de sutures. Nous avons pris surtout un soin minu-
SYNDACTYLIE.
tieux pour reformer exactement par la suture toutes les commissures interdigitales; il n’est resté en ce point aucune surface cruentée. Toutes les sutures ont été faites avec la soie phéniquée fine. On peut se rendre compte par l’examen du schéma ci -joint de la manière dont ont été adaptés les lambeaux (voyez fig. 15).
Le pansement a été fait à la pommade borique ; de minces bandelettes de gaze imprégnées de vaseline boriquée ont été interposées entre les doigts voisins, de
façon à prévenir leur accollement, et le pansement a été renouvelé chaque jour. Pendant les premiers jours, un suintement sanguin assez abondant s’est produit au niveau de la troisième phalange du doigt médius, dans le point où nous avions dû sectionner des adhérences osseuses. La marche de la cicatrisation a été régulière; mais, sans doute à cause de la dénudation totale de la face antérieure du médius, nous avons vu se produire un sphacèle partiel de la troisième et de la deuxième phalange de ce doigt. Malgré cette perte de substance osseuse, le doigt, vu par sa face dorsale, a conservé sa forme normale; l’ongle n’est pas tombé; et comme le montre le dessin ci-joint (voyez fig. 16), le résultat définitif peut être considéré comme très satisfaisant.
Le 8 août, la cicatrisation de la main droite nous a paru assez avancée pour que nous pussions entreprendre
Fig. 16.