PROCÉDÉ DE DIDOT MODIFIÉ
sans inconvénient la cure opératoire du côté gauche.
L’opération, sur la main gauche, a été conduite d’après les mêmes principes qui nous avaient guidé dans notre plan opératoire appliqué au côté droit, avec cette seule différence que la taille des lambeaux a été faite en sens inverse. C’est sur la face dorsale de la main que nous avons disséqué deux lambeaux latéraux; tandis que, vers la face palmaire, nous avons formé un grand lambeau médian qui est resté adhérent au doigt médius. De celte façon, c’est la face dorsale de cet annulaire, et non plus sa face palmaire, qui s’est trouvée complètement dénudée. Nous espérions, en procédant ainsi, nous mettre à l’abri contre le sphacèle partiel qui s’était montré la première fois du côté de la face palmaire de ce doigt. A part cette différence dans la taille des lambeaux, l’opération, dans ses traits essentiels, areproduit toutes les phases de celle qui avait été faite précédemment sur la main droite. Cette fois aussi, il a fallu détacher avec la pince de Liston les adhérences osseuses qui reliaient entre elles les dernières phalanges. La peau a été également insuffisante à recouvrir complètement les doigts isolés. La face dorsale de l’annulaire, ainsi qu’une petite partie de la face palmaire du médius, sont restées à découvert. Comme la première fois, le pansement a été fait à la vaseline boriquée. Nous n’avons pas observé à la suite de cette seconde opération le suintement sanguin abondant que nous avions noté la première fois. Mais la marche de la cicatrisation a élé moins satisfaisante. Sous l’influence de troubles survenus dans la santé générale de l’enfant, la désunion des parties rapprochées par la suture s’est produite en certains points, notamment au niveau de la commissure séparant le petit doigt de l’annulaire. Il en est résulté
SYNDAGTYLIE.
une reproduction partielle des adhérences en ce point. De plus, sans que nous puissions nous rendre compte de la cause de cette complication, nous avons vu survenir le sphacèle de la troisième phalange du petit doigt. Celui-ci représente donc un appendice très court, vu la perte de sa troisième phalange, et la reproduction partielle de son adhérence, au niveau de la commissure interdigitale avec l’annulaire. Les deux autres doigts, annulaire et médius, présentent une conformation satisfaisante. Il est à remarquer que les doigts, légèrement infléchis avant l’opération, se sont sensiblement redressés depuis qu’ils ont été libérés par la dissection de leurs adhérences. Le petit malade peut leur imprimer des mouvements de flexion et d’extension, et il est permis d’espérer que nos deux opérations successives lui auront rendu un réel service, au double point de vue de la forme et des fonctions. Sans doute, le résultat obtenu laisse quelque peu à désirer, puisque, du côté droit, nous avons eu un sphacèle partiel de la face palmaire de l’annulaire, et, à gauche, une nécrose de la troisième phalange du petit doigt. Mais nous ne devons pas oublier que le cas était complexe, et présentait, au point de vue opératoire, de sérieuses difficultés. Quant aux adhérences anormales des orteils, c’est là une particularité curieuse à noter, à cause de sa coexistence avec la syndactylie observée aux deux mains; mais déjà nous avons fait remarquer que cette disposition ne cause au petit malade aucune gêne. Elle n’appelle donc point une intervention.