ICTÈUE DES NOUVEAU-NÉS
cluits qui le renferment normalement et il est alors résorbé sur place.
Cette explication peut, à mon avis, s'appliquer à l:i pathogénie de l'ictère du nouveau-né .
Que se passe-t-il, en effet, chez un enfant né débile ? Tout, en lui, est affaibli. Le poumon, ainsi que les autres organes, est faible ; il fonctionne mal etl'ampliation thoracique est incomplète.
Il existe de l'atélectasie pulmonaire, d'où une certaine immobilisation du diaphragme ou plutôt une énergie moindre de ses contractions produisant, par le mécanisme que je vous ai précédemment exposé, l'itcère chez le nouveau-né.
Con.sidérons maintenant un autre enfant né d"un accouchement pénible, laborieux, pendant lequel, pour les raisons que je vous indiquais tout à l'heure, se sont produites des compressions assez violentes et en ceinture sur le tronc du petit être.
Nous savons que les contractions de l'utérus sont généralement fortes vu que le bras de l'accoucheur, lorsqu'il a pratiqué la version par manœuvres internes, en subit parfois les atteintes au point de rester endolori pendant plusieurs jours après l'accouchement.
Il peut donc se produire, dans certains cas, par suite de ces contractions dont l'effet à ce point de vue est en proportion de la lenteur avec laquelle s'effectue l'expulsion, une forte compression thoracique ou abdominale sur l'enfant, d'où, indépendamment des modifications apportées à l'intégrité de ses organes profonds, unendolorissement et une immobilisation plus ou moins considérables de certains muscles respiratoires, thoraciques ou
abdominaux, d'où ampliation faible du poumon, d'où enfin ictère.
Au point de vue clinique, l'ictère est caractérisé par la coloration jaune des téguments.
C'est surtout à la sclérotique que l'on peut apercevoir cette coloration et en apprécier les divers changements au commencement et à la fin de la maladie : au commencement quand la peau ne présente pas encore une coloration jaune bien prononcée, à la fin quand cette coloration a disparu, du moins en grande partie, des téguments.
Ici, Messieurs, je dois vous faire observer que la coloration jaune de la peau chez les nouveau-nés ictériques est quelquefois masquée par le teint rosé des enfants de naissance ; de même elle peut être confondue parfois avec la décoloration générale des téguments qui succède d'ordinaire, et quelques jours après, à ce teint normal particulier.
Il faut donc songer à ces causes possibles d'erreur avant de porter le diagnostic ictère et, surtout, il est bon de consulter la sclérotique, qui trompe rarement à cet égard.
De plus, les urines contenant du pigment biliaire colorent en jaune plus ou moins foncé les linges qui en sont maculés.
Quant aux matières fécales, loin d'être décolorées et argileuses comme chez l'adulte ictérique, elles sont d'un jaune souvent très foncé et presque noirâtre comme chez notre petite malade, ce qui indique une certaine perméabilité des voies biliaires permettant l'écoulement d'une partie de la bile dans l'intestin.
L'ictère idiopathique est généralement bénin ; l'ictère symptomatique, au contraire, est presque toujours mortel. Notre malade a eu un peu de sclérème principalement des
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grandes lèvres, mais, en somme, j'espère qu'elle arrivera à bonne fin, surtout si elle continue à bien teter comme elle le fait actuellement et si elle ne se refroidit pas ^
Quant au traitement, il se résume en ceci : r combattre la cause de l'ictère ; 2° soutenir les forces de l'enfant par l'allaitement au sein; 3° ne pas encombrer les voies digeslives. Avant tout, il faut chercher à connaître la cause et la combattre.
Y a-t-il, par exemple, syphilis hépatique, il faut instituer aussitôt le traitement antisyphilitique (liqueur de Van Swieton, XX gouttes par jour , en quatre fois, dans du lait ou dans un peu d'eau avant de teter).
En second lieu, il faut bien surveiller les tetées (donner, chaque heure, tantôt un sein^ tantôt l'autre).
Enfin purger l'enfant s'il est constipé et pour cela, à cet âge, un peu de miel (une cuillerée ou deux) dans un peu do tisane ou le sirop de fleurs de pêcher suffisent généralement.
Les alcalins (eau de chaux, eau de Vichy) sont rarement indiqués ou nécessaires dans l'ictère des nouveau-nés.
On pourrait les prescrire au besoin, avec modération toutefois et à condition d'en surveiller attentivement les elfets. Je préfère de beaucoup ne pas y recourir autant que faire se peut.
' CeUe enfant est sortie guérie de l'hôpital le 1" février 1892. Elle avait alors 2 mois.