‹ Lecons cliniques sur les maladies des enfantsChapitre 22 sur 66 · UN CAS DE CROUP GUÉRI SANS TRACHÉOTOMIE · texte numérisé non relu

UN CAS DE CROUP GUÉRI SANS TRACHÉOTOMIE

général. Au-dessus, on y ajoute de la poudre d'ipéca en quantité variable, de 8 à 20 cenLigr. suivant l'âge de l'en- ' faut.

Oq administre le vomitif tiède, en trois fois, à un quart d'heure d'intervalle, ou de cinq en cinq minutes jusqu'à effet produit et l'on y revient dès que la suffocation est imminente.

C'est ce qu'avait fait tout d'abord M. Gonzalès avant mon arrivée.

Le vomitif fut renouvelé, sur mon conseil et en présence d'une suffocation plus intense , le dimanche à 3 heures du matin. Il était ainsi composé cette fois :

Sirop d'ipéca 30 gram.

Poudre d'ipéca 08',20

2 cuillerées à café chaque dix minutes.

C'est après l'ingestion de ce second vomitif que l'enfanl rejeta deux fausses membranes.

Je vous les ai montrées hier à la visite. On a eu le tort de ne pas nous les conserver, ainsi que je l'avais expressément recommandé, pour en faire un examen plus approfondi et surtout microscopique .

Il est un point que j'oubliais de vous signaler dans ce cas.

Le pouls était intermittent et très dépressible dès le début. Mon collègue M. Gayraud et moi fûmes fortement frappés de ce fait.

La gêne respiratoire pouvait l'expliquer jusqu'à un certain point.

Le foie était douloureux, cela se conçoit sans peine. La circulation étant entravée du fait de la gône respiratoire, le cœur gauche ne recevait pas la quantité de sang

normale et conséculivement l'ondée artérielle était faible. Il y avait au contraire stase veineuse et hépatique.

Yous n'ignorez pas toutefois que la diphtérie peut agir sur le cœur d'une manière toxique. C'est peut-être ce qui nous rendra mieux compte des intermittences. Aussi, dès la première heure, faut-il administrer pour ce motif des toniques généraux et cardiaques.

On doit prescrire, comme alimentation : du bouillon et du lait, enfin du vin vieux.

Le premier jour, notre petit malade prit 100 gram. de ce dernier.

Le soir, le pouls était meilleur, trop fort même. L'enfant était congestionné. J'en fis diminuer la dose. Mf'

Je conseillai également de la tisane de violette, qui agit dans le même sens que l'ipéca, au point de vue de la con- I gestion pulmonaire qu'elle diminue et de la sudation qu'elle favorise, ce qui est très utile dans certains états inflammatoires aigus de la muqueuse pharyngé -laryngée.

Nous n'avons rien noté de particulier du côté de la gorge. Pas d'hypertrophie, pas même de rougeur des amygdales. Pas de fausses membranes, ni à l'isthme du gosier, ni au pharynx.

Peut-être y en avait-il dans le larynx? C'est ce que sembleraient prouver les deux qui furent expulsées à un moment donné.

Rien du côté des poumons.

L'enfant n'a jamais eu de fièvre, et il est aujourd'hui entièrement guéri.

Je me suis demandé, en outre, s'il n'y avait pas là quelque dent en évolution.

De môme que la coqueluche peut produire plus facile-

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