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Je prescris, contre la bronchite toujours intense

Terpinol )

^ , , 5 aa 20 centigr.

Benzoate de soude )

Sucre • Q. S.

en quatre pilules à prendre une toutes les six heures ; enfin décoction de quinquina 20 gram. matin et soir dans une tasse de lait sucré.

23 . Nous notons un méplat à la face postérieure du thorax en bas et à droite, une voussure, au contraire, à la partie postérieure et gauche dans toute son étendue. Sonorité exagérée de ce côté ; submatité de l'autre.

Prescriptions : Sirop de digitale et iodure de potassium.

24. Arséniate de soude O^'.OB dans eau 300. A prendre une cuillerée à café matin et soir.

26. Râles ronflants à l'inspiration, râles plaintifs à l'expiration surtout à gauche. Hypertrophie cardiaque très nette.

Nous donnons, ce jour-là, l'émulsion Scott :

Huile de foie de morue 15 gram.

Glycérine, gomme et essences 14e'',55

Hypophosphite de chaux O^^SO

— de soude 0s^l5

à raison de 20 gram. par jour.

16 janvier. Conjonctivite et blépharite ciliaire plus intenses.

20 . Bruits cardiaques fortement claqués aux deux temps. Matité, obscurité respiratoire toujours à droite '.

Vous voyez, Messieurs, que l'une de ces malades, la seconde, a été atteinte de variole à l'âge de 3 mois.

Elle a une hypertrophie du cœur qui date de cette époque, ainsi que les palpitations et la bronchite qu'on observe chez elle.

Nous avons noté aussi, dans ce cas, de Virrégularité et de V intermittence des contractions cardiaques, de la sonorité pulmonaire exagérée à gauche, de l'adénopathie bronchique à droite.

A droite encore on entend moins la respiration et, en haut, on perçoit un souffle d'inspiration et d'expiration,

' Cette malade est aujourd'hui très améliorée. Elle n'a plus d'intermittences. Sa^bronchite est atténuée au point qu'on peut la considérer comme guérie. La zone de matité thoracique postérieure et droite est infiniment moindre. Lo souffle très affaibli.

remplacé du côté opposé, où existe l'emphysème, par de ; la respiration supplémentaire ou puérile. i

Nous trouvons aussi, au cœur de notre première malade, , un souffle dû à l'anémie et que l'on entend partout (aux i 4 orifices); c'est un bruit de souffle doux, Uquidien. Il est • pourtant plus marqué à la valvule tricuspide qui est devenue insuffisante ronctionnellement , c'est-à-dire sans lésion^ , et par le fait de la gêne circulatoire pulmonaire résultant : de l'adénopathie bronchique et de l'atélectasie pulmonaire • droites ainsi que de l'emphysème du poumon gauche.

Les anciens cherchaient et signalaient les souffles d"ané- ■ mie à la base du cœur, principalement à l'aorte Ces souffles > se propageaient, suivant eux, dans les vaisseaux du cou i et en particulier dans les carotides.

M. Constantin Paul, en 1878, signala l'existence de ce ^ souffle à l'artère pulmonaire '.

M. Parrot, à son tour, l'a trouvé à la pointe du cœur. III l'a décrit et interprété à sa façon. Pour lui il y aurait, dans^ ces cas, une insuffisance tricuspidienne fonctionnelle

Le myocarde n'étant pas bien nourri, le ventricule droit se laisserait distendre parle sang, deviendrait globuleux, et les muscles papillaires ainsi écartés les uns des autres ne pourraient pas ramener dans une direction verticale les divers segments delà valvule auriculo ventriculaire, d'où l'inocclusion et l'insuffisance de celle-ci.

La première de nos malades présente surtout à noter des intermittences et de la lenteur des contractions cardiaques, ce qu'explique suffisamment l'excitation du pneumogastrique par les masses ganglionnaires résultant de l'adénopathie.

' Constantin Paul ; Le bruit de souffle anémo-spasmodique de l'artère pulmonaire, 1878.

Pai-i'Ot, cilé par Potaln ; art. Cœur, in Dict. encycl. des Se. méd.

L'hypertrophie cardiaque et les palpitations observées chez la seconde sont très certainement liées aux altérations de l'endomyocardile variolique et à l'excitation intracardiaque des filets nerveux du sympathique.

Dans le traitement des maladies du cœur, chez l'enfant comme chez l'adulte, il faut s'occuper sans doute de l'état de nutrition du myocarde, mais il ne faut pas perdre de vue les véritables causes patho^éniques, primordiales ou secondaires, sous l'influence desquelles ces maladies se sont développées.

Il faut évidemment traiter la bronchite lorsqu'elle existe et dans le but d'alléger d'autant le cœur, ainsi que vous me l'avez vu faire à l'aide du benzoate de soude et du terpinol qui nous ont donné d'excellents résultats chez notre seconde malade.

Dans la pneumonie et même la broncho-pneumonie on devra faciliter l'expectoration et décongestionner le poumon.

L'ipéca, en infusion dans le premier cas, à dose vomitive dans le second, vous sera très utile à ce double point de vue, à la condition toutefois d'associer à l'infusion la digitale ainsi que je le fais toujours, m'étant trouvé d'accord sur ce point avec Pécholier lui-même, qui, dans les derniers temps de sa vie, ne manquait jamais de recourir à cette association.

Nous avons donné à nos deux malades de l'iodure dé potassium et de la digitale

Cette dernière, prise en sirop à la dose de 10 gram., matin et soir pendant trois jours consécutifs, était ensuite suspendue pendant 48 heures, puis reprise de la même façon.

Elle nous a servi à modifier l'irrégularité et la fréquence

des contractions cardiaques observées chez l'une de nos malades, ainsi qyicles intermittences communes aux deux.

Cliez l'une comme cliez l'autre, l'iodure a agi comme résolutif à l'égardMe l'adénopathie bronchique.

Enfin, pour combattre l'anémie et continuer cette action résolutive, nous avons eu recours au sirop d'iodure de fer.

A quoi sont dues, Messieurs, \cs palpitations observées chez notre seconde malade?

Elles sont liées très certainement, comme je vous le disais tout à l'heure, aux excitations du sympathique dans sa partie intra-cardiaque. Cette excitation précipite les contractions du cœur et explique suffisamment leur fréquence.

De là, même, l'hypertrophie cardiaque et consécutivement les claquements valvulaires plus intenses des deux bruits.

Ces excitations du sympathique tiennent probablement aux lésions endomyocarditiques laissées par la variole.

Quant Rux intermittences, l'explication en est plus difficile à donner.

Ici il y a manque de contraction à proprement parler, c'est-à-dire qu'à un moment donné le cœur s'arrête pour continuer ensuite sa fonction momentanément interrompue.

On a attribué les intermittences aux ganglions automoteurs du cœur et, d'une manière plus générale encore, à l'innervation cardiaque, voici comment :

Le rôle de ces ganglions consisterait à accumuler l'influx nerveux, qui arrive des centres d'une façon sinon continue du moins constante, et à régulariser sa distribution pour produire les contractions cardiaques normales et rythmées,

Ces ganglions accumuleraient donc l'influx et le distribueraient au fur et à mesure des besoins du cœur.

Or supposez que, par suite de lésions nerveuses quelconques centrales ou périphériques, ces ganglions ne reçoivent plus la quantité normale d'influx nerveux ou qu'ils la distribuent irrégulièrement et aussitôt il se produira des intermittences.

S'ils dépensent à un moment donné follement, passezmoi le mot, tout l'influx dont ils disposent, ils n'en auront pas pour les contractions suivantes et il faudra attendre un nouvel envoi de la part des centres nerveux pour que le cœur se remette à fonctionner. De là Y intermittence.

Quant à la lenteur des contractions observée chez notre première malade, elle me paraît due, ainsi que je vous l'ai dit, aux excitations du pneumogastrique par les ganglions bronchiques hypertrophiés consécutivement à la bronchite (adénopathie) .

Enfin les lésions du plexus cardiaque et celles des centres nerveux peuvent, elles aussi, agir sur le cœur et modifier, de la même façon que précédemment ou de toute autre manière, le rythme de ses contractions.

De cette leçon, Messieurs, retenez surtout ceci :

1° Dans les maladies du cœur il faut sans doute tenir compte de l'état des valvules et des orifices, de celui du péricarde, du myocarde et de l'endocarde, mais aussi des troubles vasculaires, nutritifs et nerveux d'origine centrale ou périphérique .

2" Le cœur subit le contre-coup de bien des états physiologiques (grossesse, croissance) comme de la plupart des maladies locales (thoraciques, abdominales, nerveuses) ou générales (pyrexies, maladies infectieuses, rhumatisme, etc.).

3° Chez les enfants, l'hypertrophie dite de croissance existe le plus souvent comme cardiopathie secondaire

parce que le cœur, si l'on y regarde de bien près, était déjà, sinon malade, du moins lésé ou, si vous préférez, touché antérieurement.

4° L'hypertrophie de croissance vraie et indépendante de toute lésion antérieure me paraît devoir être exceptionnelle ou bien rare. Pour mon compte, je la cherche encore sans avoir jamais pu la rencontrer.

5° Le traitement des cardiopathies chroniques, chez l'enfant comme chez l'adulte, comprend des indications locales, cardiaques et à distance (bronchite par exemple), ainsi que des indications générales (nutrition, anémie, etc.).

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